Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
J'ai déjà évoqué, dans ce très récent article, le problème du statut d'un “ moniteur indépendant ” qui travaillerait pour le compte d'autres auto-écoles, intervenant pour combler l'absence temporaire ou imprévue d'un salarié, ou pour venir en renfort en cas de surcharge de travail. J'ai comparé cela à la situation des intérimaires dont le sort, en période de crise, est loin d'être enviable. Et j'ai voulu insister sur le fait que cette procédure, que j'ai qualifiée (peut-être un peu vite?) de détournement de procédure, me paraissait à l'opposé de ce que nous souhaitons obtenir, c'est à dire la possibilité d'enseigner librement à des élèves qui n'ont pas de lien avec des auto-écoles qui disposent, alors que rien ne peut le justifier, de l'attribution des places d'examen, et du droit de présenter les élèves à cet examen.
Je ne croyais pas si bien dire quand je disais qu'il s'agissait d'une fausse liberté, le poids de la concurrence étant reporté sur le sous-traitant. A midi, en regardant le journal télévisé, j'ai découvert qu'au Portugal, pays où le droit du travail ne semble pas particulièrement développé et protecteur, de très nombreux travailleurs sont transformés en apparents travailleurs indépendants, embauchés à la demande, ne bénéficiant d'aucune garantie de l'emploi, pas plus de droits qui nous paraissent naturels comme les congés payés ou la protection sociale. Cela va même plus loin: un certain nombre de professeurs “ employés ” par l'État, et de nombreux autres “ fonctionnaires ”, se trouvent dans cette situation, éternels vacataires, éternels précaires, embauchés le lundi et débauchés le mercredi, devant présenter chaque mois leur décompte d'heures pour se faire payer, et ainsi exclus de tout projet, de toute perspective d'avenir du fait de leur définitive précarité.
De quoi faire réfléchir, y compris ceux qui croient que, comme sur le Titanic, ils pourront se sauver en bousculant les autres. Et même si c'était vrai, c'est là une conception du monde que je me refuse à partager.
Bon courage.