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  • : Le blog des moniteurs et des élèves
  • : Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 21:18

J'ai reçu il y a peu un long commentaire d'un lecteur fort sagace, ce qui est un honneur et un plaisir pour celui qui s'est donné pour tâche de faire vivre ce blog, tout en alimentant un blog ami (pumpernickel.fr) et le blog de Régis Hulot.

Je reprends donc sans scrupule ce long et utile commentaire, en y insérant quelques remarques que je crois utiles. Mais, avant tout, autant dire que je crois que nous sommes, mon cemmentateur et moi, d'accord sur le fond.

 

Bonjour,

Alain, grand philosophe a écrit "La théorie c'est trés pratique"!

Face au cruel dilemme du tracteur à la ligne continue sur 12 km

[en réalité, c'était 2 km dans cette affaire, mais le nombre importe peu car il faut le comprendre comme "une très, trop, longue portion de route"]

j'aurai tendance à classifier plusieurs cas de figures en fonction du "contexte" pédagogique.

1° Cas  

L'élève est en examen pratique. Au préalable, l'enseignant que je suis lui a fait part des consignes suivantes avant l'examen (vécu à plusieurs reprises en 35 ans d'exercice) Le jour  de l'examen si ligne continue et tracteur: ne pas dépasser, il interdit franchir ou chevaucher ligne continue.

le rappel des principes est toujours utile, et je crois ne pas avoir dit le contraire

Sauf si tracteur avoir panneau danger "activé" signalant travaux, sur le toit; peut alors dépasser en sécurité sans gêner traffic venant de face et arrière. Contexte de travaux alors.

le tracteur n'est plus alors un véhicule qui va (pas vite) son chemin, mais un engin de chantier au travail. Sa nature change, le comportement aussi.

J'ai expliqué à l'élève que" l'expert " assis à côté de lui peut lui demander d'éffectuer le dépassement malgré l'interdiction, toujours en gérant le traffic venant de face(arrière également, of course). Soit l'expert est compétent, il explique brièvement à l'élève examiné (pour le rassurer) que l'examen est neutralisé durant la réalisation de l'infraction.

Attention: nous ne sommes pas en infraction.

L'expert peut justifier par la suite des contraintes temporelles ou géographiques nécéssaires au bon déroulement de l'examen. Soit l'expert est incompétent et il exige le dépassement par le candidat sans autre forme d'explication! Exécution de l'ordre donné.

Si l'expert examinateur ne donne pas d'instructions, pas de dépassements. Si consécutivement à ce fait l'élève est ajourné, contester légitimement dans les formes

là, je dois avouer mon incompétence. Je ne sais pas ce que signifie "dans les formes", et je crois n'avoir jamais rencontré un expert [le terme sonne pourtant joliment] susceptible d'accepter une contestation. C'est d'ailleurs pour cette raison que tout enregistrement de l'examen est interdit par décret

 cette décision! Il est impossible dans des conditions de circulation normale d'ajourner un candidat qui refuse de commettre une infraction au code de la route.

2°Cas

L'apprenant est en leçon (étape 2/3/4). C'est le début des ennuis et de la sombre cogitation. Partagés entre le devoir, la loi et le bon sens. C'est peut-être l'occasion si l'élève est proche de l'examen de développer la stratégie du cas présenté ci-dessus.

Si rester derrière le tracteur renforce une plus value pédagogique et permet de gérer une action ou une explication sur un autre thème, à mon avis je la prends et je fais l'escargot en rentabilisant ce moment! Opportunisme, quand tu nous tiens.

En fonction de l'environnement il est peut être possible de modifier son itinéraire, tourner à droite ou à gauche, faire un arrêt avec "vérifications" à la clef par exemple. C'est refuser le problème mais certaines contraintes peuvent nous y obliger.

Selon le degré de compréhension ou le niveau de son élève, peut-on le laisser ou inciter à commettre l'infraction?

Pour moi c'est non!

bravo. simple bon sens.

Mais toujours interpréter et analyser le contexte et ses interactions dans le cas du dépassement impossible(degré de temporalité?) du tracteur. L'évaluation de l'instant T est pimordiale et déterminante pour une décision de bon sens ou anti-pédagogique quoi qu'il arrive.

Dans notre activité d'enseignement nous devons laisser commettre à nos apprenants de nombreuses fautes (donc des infractions), elles doivent toujours avoir une finalité et une justification pédagogique et ne représenter aucun danger pour nous et pour les autres.

J'ai été ainsi amené plusieurs fois à répondre d'infractions commises en équipage pédagogique devant un tribunal de police ou de proximité. A chaque fois que j'ai pu justifier de la valeur pédagogique de l'infraction commise, le juge m'a relaxé. Il ne m'a pas donné pour autant un blanc seing m'exonérant de respecter la loi. Il faut que ce soit clair.

c'est en effet parfaitement clair. Et le commission d'infraction, comme la commission d'erreurs, est dans la nature de l'enseignement et de l'éducation. "L'Homme progresse par ses erreurs" dit le sage, au volant comme ailleurs, à condition qu'elles soient expliquées, comprises, acceptées comme telles, et rejetées. La faute, le regret, la réparation, et l'intention réelle de ne pas la commettre à nouveau.

Mais le dépassement impossible du tracteur n'est que temporaire, et de ce fait il est difficile de trouver un alibi pédagogique. Déjà que la valeur de l'exemple est malmené par les autres usagers dans ce cas là, devons nous rester cohérents? je pense.

Valeur de l'exemple, en effet. Tant d'élèves qui nous disent qu'ils se demandent pourquoi ils doivent faire ceci ou faire cela, puisque personne ne le fait. Et comment justifier le non-port de la ceinture de sécurité par les policiers (les gendarmes sont bien plus rigoureux sur ce point) qui verbalisent ce manquement chez tous les autres. En ce sens, l'attitude du nouveau chef de l'Etat dans ses déplacements routiers est un bon signe, et un encouragement pour nous.

3°cas

L'élève est en étape 1/2 (non consolidé).

Même si la décision et l'action du dépassement ne lui appartiennent pas, nous avons un élève actif et témoin malgré tout. Faut-il détruire cette fameuse valeur de "l'exemplarité" pour une futilité? Toujours éplucher le contexte et les pertes ou gains éventuels de cette manoeuvre interdite. Dans l'exercice de notre fonction nous devons avoir notre libre arbitre et surtout assumer la responsabilité de nos choix et de nos actes.

4° cas

Le PIRE (ou le meilleur?)! Je suis seul au volant ou au guidon de mon véhicule, sans identifiants "auto-école". Là, chers ami(e)s docteur JEKYLL et mister HYDE est peut être de retour! Le paradoxe de l'être humain va peut être se réveiller en nous!

Il y a trente cinq ans, je dépassais c'est sûr! Maintenant je nuance un peu plus! Mais cela m'arrive encore régulièrement. Moralité, je garde le panneau de "toit" comme ça je m'oblige à respecter la loi!!! C'est dur!

Attitude pleine de sagesse. Quand nous avons du mal à nous contraindre à faire plutôt le bien que le mal, une aide extérieure est toujours la bienvenue.

A moi aussi, il m'est arrivé, au temps de ma jeunesse, de prendre des libertés avec le code de la route. Aujourd'hui, je suis devenu plus sage. Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait!...

Merci de me faire part de vos commentaires et avis, je serai heureux de les partager.

Jean-étienne GIRAUD

 

 

Bonne journée, et bon courage à tous.

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 15:22

Un courrier vient d'arriver dans le boite à lettres. Je vous le livre.

 

 

Bonjour, j'ai honte mais, titulaire du BEPECASER, j'ai du mal à répondre à cette question : "Peut-on dépasser un tracteur sur une ligne continue ?" Et deuxièmement : "Que va faire l'inspecteur dans ce cas de figure si ligne mesure 2km et si le tracteur roule à 40km/heure ?"

Je sait qu'on est autorisé à dépasser un véhicule à l’arrêt, ou à franchir la ligne continue en cas de force majeure, qu'il en est de même en cas d'accident ou de travaux, que c'est autorisé en cas de chantier mobile, mais ce tracteur me pose un sérieux problème.

En cherchant sur forum "easy-droit", une avocate répond : "Non le dépassement est interdit si ligne est continue."

Sur un autre forum le conducteur perd 3points et paie une amende (avec risque de suspension) quand il est contrôlé par la police après avoir dépassé ce tracteur.

Je ne suis jamais tombé sur une "série" de code abordant ce problème, mais, selon les élèves qui ont déjà rencontré cette question, la réponse est "oui, je peux (ou je dois) dépasser le tracteur malgré la ligne continue.

Et dans le Lamer rien ne dit ou ne sous-entend que c'est autorisé.

 

Bref je suis dans la panade avec çà, alors (y a pas d'ironie la-dedans) comme tu as eu 18/20 j'espère recevoir ta solution au problème.

 

Merci d'avance.

 

PS Çà m'énerve de devoir apprendre des trucs que je devrais savoir...

 

 

 

Et voici la réponse...


 

J'aurais eu 18/20 ? Mais quand ? Et à quelle épreuve ?

Et si c'était le cas, ce n'est pas en vertu de cela qu'on peut répondre à des questions, mais en vertu d'une lecture précise des textes – et non en écoutant ceux qui disent savoir sans pouvoir étayer leurs dires.

 

Revenons à notre problème.

 

Faisons d'abord la différence entre droit et réglementation d'une part, et perceptions individuelles d'autre part.

 

Les perceptions individuelles...

La question est simple et peut se formuler ainsi : Suis-je vraiment contraint de me "trainer" pendant deux kilomètres derrière un tracteur qui roule à 40 km/h parce qu'il y a une ligne continue qui m'empêcherait de dépasser. Suis-je contraint de passer TROIS MINUTES (le temps mis pour parcourir les 2 km à la vitesse de 40 km/h) derrière un tracteur qui sent mauvais alors que j'ai le sentiment de ne pas avancer et qu'à côté de moi un inspecteur dont je dépends absolument pourrait s'impatienter. En effet, lors de mon apprentissage de conducteur, tout comme dans ma vie de passager, c'est toujours le temps gagné, l'efficacité, la vitesse qui ont été valorisés, et je n'ai pas oublié que cet inspecteur m'a demandé en début d'épreuve "d'atteindre sans tarder les vitesses autorisées", ou en cours d'épreuve "de ne pas tarder à dégager l'intersection"...

 

Le droit et la réglementation...

Je suis allé chercher dans le Code de la route, et j'ai trouvé cet article R412-19 qui stipule : "Lorsque des lignes longitudinales continues axiales ou séparatives(sic) de voies de circulation sont apposées sur la chaussée, elles interdisent aux conducteurs leur franchissement ou leur chevauchement."

 

Voilà qui est clair, net et précis.

 

Et donc, derrière ce tracteur, je roule à distance raisonnable et j'attends la fin de la ligne continue, ou la zone de dépassement, ou qu'il tourne à droite ou à gauche à la prochaine intersection. Cet avocate a donc tout à fait raison.

 

Revenons à la perception, ou plutôt aux faits tels qu'ils sont perçus.

 

40 km/h pour le tracteur, c'est exact, c'est sa vitesse maximum.

Une ligne continue de 2 km ? Qu'en sais-je ? L'ai-je mesurée ? Ne s'agit-il pas d'une "évaluation", hâtivement faite alors que je suis coincé derrière ce tracteur et que je commence à m'impatienter ? Et coincé depuis combien de temps ? 30 secondes(330 mètres) ? Une minute (660 mètres) ? Trois minutes, c'est très long...

Et cette ligne continue, n'est-elle pas justifiée par des virages, des côtes successives, une végétation qui gêne tout visibilité, tout dépassement en toute sécurité ?

Et si elle a été préférée à une ligne dite "de dissuasion" – qui permettrait ce dépassement – n'y a-t-il pas une bonne raison que je suis capable de comprendre ?

 

Et n'est-il pas beaucoup plus valorisant vis à vis d'un inspecteur (que, par hypothèse, je gratifie d'intelligent et d'attentif à la sécurité de tous – il en existe) de montrer qu'on sait comprendre, appliquer, voire justifier une réglementation qui n'est pas là seulement pour contraindre...

 

 

Pour mémoire, on peut consulter également "l'instruction ministérielle sur la signalisation routière. Septième partie. Marques du chaussées" en suivant ce lien ; malheureusement, la version .pdf en ligne est dépourvue de liens hypertexte, ce qui ne facilite pas la lecture. Toute modernité a ses limites...

 

Et on peut s'interroger sur l'article R414-11 qui précise que "tout dépassement est interdit sur les chaussées à double sens de circulation, lorsque la visibilité vers l'avant n'est pas suffisante, ce qui peut être notamment le cas dans un virage ou au sommet d'une côte, sauf si cette manœuvre laisse libre la partie de la chaussée située à gauche d'une ligne continue" mais qui poursuit "ou si, s'agissant de dépasser un véhicule à deux roues, cette manœuvre laisse libre la moitié gauche de la chaussée". Ce qui hélas semble justifier le dépassement de cyclistes dans des conditions de sécurité très contestables.

 

Bon courage à tous.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 01:00

Vous le savez certainement, quelques enseignants de la conduite tiennent des blogs, plus ou moins passionnants, plus ou moins riches, plus ou moins utiles (voilà un jugement qui n'engage que le rédacteur de ces lignes). Parmi eux, un certain  moniteur-auto-école (ce sont les traits d'union qui changent tout!), crée de temps à autre un article, qui, ici, se compose d'un seul mot: "link". En suivant ce "link", on est dirigé vers  un article du site du journal L'Argus consacré à la conduite des seniors.

 

Voilà une preuve de l'évolution du monde, et du monde des auto-écoles ou de la voiture.

 

Les auto-écoles (quelques unes) sont en train de comprendre qu'elles ont quelque chose à faire du côté de ceux à qui une longue expérience ne suffit plus pour rester maître de leur conduite. Elles sont peut-être aussi en train de se rendre compte qu'un nouveau marché est en train de naître. Mais si elles continuent à traiter les soixantenaires et plus comme elles traitent leurs élèves, les illusions seront vite perdues. Allez en effet contraindre des gens qui souffrent d'arthrose des cervicales à passer les giratoires comme l'exigent, contre tout bon sens, les inspecteurs du permis de conduire, ils se lasseront vite de vos conseils. Et ils auront raison.

 

Reste un point sensible, pour ne pas dire sensiblissime. Celui de la visite médicale "à partir d'un certain âge" comme le dit prudemment l'article.

J'affirme que j'attends avec impatience que soit instaurée une vraie visite médicale approfondie pour tout candidat au permis de conduire. Les bénéfices individuels et en matière de santé publique seraient très élevés, tout le monde en convient. Il serait alors facile d'imposer (mais oui, imposer, vous avez bien lu) une visite médicale tout aussi approfondie aux conducteurs âgés de 70 ans par exemple, puis d'étendre le contrôle au fur et à mesure pour que chacun puisse bénéficier (mais oui, bénéficier, vous avez de nouveau bien lu) de ce contrôle global qu'on appelle la prévention.

 

Mais cela est une autre histoire, dont on ne parle pas à sept mois des élections.

 

Bon courage à tous.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 04:14

Et ce dont on aurait pu parler, ou dont on pourrait parler aux élèves des auto-écoles...

 

 

 

Bonjour Choupette,

 

Je crois qu'il n'est pas inutile de faire un rappel historique qui va vous éclairer sur cette différence entre les États-Unis et la France en particulier (et l'Europe de l'ouest en général).

 

En France, conduire une automobile a été, à l'origine, une affaire de professionnels. Car il y avait une grande différence entre ceux qui avaient les moyens de s'offrir une voiture (comme ceux qui avaient les moyens de "rouler carrosse"), et ceux qui avaient la compétence pour les conduire. Et tout comme c'étaient des domestiques qui étaient cochers ou palefreniers, ce furent des domestiques (des mécaniciens capables de conduire et d'entretenir, devenant peu à peu salariés) qui conduisirent les voitures. D'où la profession, que vous ne connaissez peut-être pas, de chauffeur de maître.

La confusion entre avoir une voiture et conduire une voiture s'est faite très lentement, suivant l'évolution de la production, qui passa peu à peu de la fourniture d'une part d'un ensemble châssis-moteur, et d'autre part d'une carrosserie souvent réalisée à l'unité (notez qu'en Grande-Bretagne la profession de carrossier est encore bien vivante alors qu'elle a disparu en France, ou presque), à la production en série de voitures standardisées.

Ce n'est qu'après la Seconde guerre mondiale qu'on est passé, avec des véhicules comme la 4CV Renault ou la 2CV Citroën, ou encore la Topolino de FIAT en Italie, à des véhicules (presque) abordables, donc destinés à n'être conduits que par leurs propriétaires (des hommes, presque toujours) qui ont alors appris à conduire avec le poids culturel et technique hérité du passé, donc avec les contraintes techniques que maitrisaient dès le départ les mécaniciens.

 

Toute autre est la situation aux États-Unis. Dès 1908, Henry Ford invente la production automobile en grande série. Un véhicule relativement bon marché, fabriqué par des ouvriers relativement bien payés, mais qui n'ont pas les moyens de s'offrir un chauffeur. D'ailleurs, dans un pays où l'individualisme est presque une religion, et où on a fait table rase des vieux principes et des vieilles habitudes de l'Europe, pas question de reproduire un statut de domestique (pour les blancs, bien entendu). Donc, l'ouvrier de Ford ou d'ailleurs qui achète une voiture doit pouvoir la conduire lui-même, d'où un système de transmission peu efficace, il est vrai, mais extrêmement simple à utiliser. La Ford T inaugure donc la transmission automatique, ou ce qui en sera l'ancêtre.

Le mouvement est lancé, rien ne l'arrêtera, et il s'amplifiera de lui-même: les voitures sont faciles à conduire, elles sont bon marché, l'essence (produite sur place, au Texas et ailleurs) est abondante, donc la conduite sera offerte à tous, aux femmes bien plus vite qu'en Europe, aux jeunes bien plus tôt (16 ans, voire plus tôt dans certains cas) qu'en France.

 

Encore aujourd'hui, nous sommes "victimes" de notre "culture". Pour beaucoup de gens, en particulier dans le milieu des auto-écoles et dans celui des inspecteurs, conduire requiert des compétences techniques. Démarrer en côte, rétrograder au meilleur moment, faire patiner l'embrayage, et écouter son moteur, ou ne pas le faire souffrir ne sont que des compétences strictement techniques qui ont peu à voir avec le comportement social qu'on peut exiger d'un conducteur. De plus, ces "compétences" viennent souvent parasiter les gestes ou les actions qui seraient de nature à améliorer ce comportement social. Mais ce sont aussi ces "compétences" qui rendent la conduite plus difficile, donc plus noble, et justifient des efforts plus importants et plus coûteux. Et valorisent aussi, il faut bien le dire, deux professions qui ont bien du mal à justifier de leur importance, surtout dans les conditions où elles s'exercent actuellement, celles d'enseignant de la conduite et celle d'inspecteur du permis de conduire.

 

Voilà, Choupette, une autre approche du problème, que peu de gens acceptent d'entrevoir. Ce qui est bien dommage.

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 04:12

L'opinion de Steelyx

 

 

 

Bonjour choupette,

Je viens juste de reprendre votre première interrogation :

" Pourquoi aux USA , ils passent le permis sur voiture automatique et pas en France? est-ce fait expres pour compliquer la vie des gens, les rendre malheureux et leur pomper le plus d'argent? "

Si vous êtes inscrite dans une auto-école en France, l'on a dû vous informer qu'il serait tout à fait possible de passer l'examen de conduire sur une voiture à transmission automatique et d'avoir un permis B valable uniquement pour conduire ce type de véhicule : c'est le B (A) qui est mentionné sur votre permis.

Le problème, c'est qu'en pratique, la très grande majorité des candidats sont amenés (je ne dirais pas obligés !) de faire la pratique dans des autoécoles qui n'ont que des voitures à transmission manuelle pour des raisons obscures, de ma part, je pense que c'est le système de l'apprentissage de la conduite ayant été fixé comme tel, de la culture automobile qu'on a en France et, bien évidemment de la politique des transports routiers ...

Il y a dans chaque département français, au moins quelques autoécoles qui travaillent avec une voiture automatique et qui peuvent proposer ce type de permis, tu dois juste mieux te renseigner !

Laisse de côté les comparaisons USA - France dans le domaine de l'enseignement des jeunes, ce sont deux mondes différents !

La suite demain.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 04:08

Silzic lui répond ceci:

 

 

 

Bonjour,

Mais bien sûr que c'est fait exprès pour embêter les gens, leur pomper leur argent!!!!!!!!!!

D'un coté vous reprochez à on ne sait qui le fait que les voitures soient à boite manuelle et de l'autre vous reprochez aux apprentis conducteurs de ne pas comprendre que la boite automatique n'est pas forcément synonyme de handicap. Avez-vous tout compris Choupette ? En France nous n'avons pas encore la culture de la voiture automatique, cela vient tout doucement et beaucoup d'auto-écoles prennent maintenant une boite automatique en plus des voitures manuelles. Mais n'oubliez pas que tout le monde ne peut pas s'acheter une voiture tout de suite après le permis et donc un jeune conducteur se contente de la voiture qu'on lui prête, bien souvent celle des parents, et bien souvent une boite manuelle. Si un permis boite manuelle permet de conduire indifféremment une boite manuelle et une boite automatique, l'inverse n'est pas vrai. Dès lors, on comprend mieux le choix de beaucoup d'apprentis conducteurs pour la boite manuelle. De plus en voitures d'occasion, les boites manuelles restent les plus nombreuses !

Mais la boite automatique ne fait pas tout. Vous vantez les mérites, plus de stress, démarrage en cote et freinage tout nickel mais la boite ne fait pas tout, la conduite ne repose pas sur la boite mais sur le conducteur...

 

La suite demain.

 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 04:03

Je me suis de nouveau rendu sur ce forum dont je vous ai déjà pas mal parlé.

Je vous livre ici un dialogue qui montre à quel point le conservatisme peut interdire tout progrès, voire tout débat...

 

 

Choupette écrit:

 

 

Pourquoi aux USA , ils passent le permis sur voiture automatique et pas en France? est-ce fait exprès pour compliquer la vie des gens, les rendre malheureux et leur pomper le plus d'argent?

Ici c'est tabou qui dit BVA = handicapé !!!!!!!
Les pauvres ils n'ont rien compris
Même les moniteurs ne comprennent pas pourquoi en France on s'obstine
Alors je vous rassure vous aurez moins d'accident, car la conduite c'est un régal, pas de stress, ça démarre même dans les cotes les plus ardus, et le freinage impeccable.

 

 

La suite demain.

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 17:27

Je suis tombé la-dessus par hasard, et je n'ai pas été déçu. Ce M. Courbet, et la jeune personne qui lui donnait la réplique, sont vraiment des animateurs de grand talent, suivant bien les instructions du réalisateur et servant comme il convient une soupe (un peu fadasse, malgré tout) à des "célébrités" venues faire la promotion des leurs oeuvres. J'admets ne pas me tenir au courant de l'actualité culturelle autant qu'il conviendrait, mais entendre parler de la pièce dans laquelle jouera cet immense acteur qu'est Jean-Marie Bigard comme de l'événement théâtral de l'année, cela m'étonne, me déconcerte, mais ne m'amuse pas. Que les autres personnes présentes en tant que "VIP" me pardonnent, je n'ai pas retenu leurs noms, et leurs visages ne me disaient rien. Je me demande si c'est vraiment grave.

 

Si je vous dis tout cela, c'est que je voulais garder pour la fin LE personnage central de cette soirée (après tous les sous qu'on arrive à tirer des téléphones portables des téléspectateurs, bien sûr), je veux parler de ce monsieur qui, en deux heures, n'a pas prononcé cinq phrases, et qui a été présenté comme un expert (peut-être même un "expert européen") dans le domaine de la sécurité routière, comme l'auteur (avec d'autres, on l'imagine) des questions posées aux candidats à l'ETG. Si j'en fais trop, qu'on me corrige, je n'ai pas noté au fur et à mesure.


Pas plus de cinq phrases, disais-je, et c'est heureux. Car, après avoir affirmé une vérité sur le ton d'un DVD d'auto-école, il lui semblait indispensable de relativiser cette vérité, quelque peu débordé par les arguments du bateleur Bigard qui n'a réussi à nous placer sa braguette qu'une seule fois, et encore. Il faut dire que le bonhomme brillait par la haute qualité de ses arguments, et par la clarté de sa pédagogie. Bref, était-il là pour honorer un contrat publicitaire, ou pour donner une caution morale à un exercice dont on se demande à quoi il a servi? On s'interroge encore.

 

Nous sommes nombreux à savoir qu'il est de bon ton de dénigrer le code de la route, en ignorant qu'il est le seul moyen dont nous disposions pour pouvoir emprunter les routes avec un minimum de sécurité et d'efficacité, mais ce n'est certainement pas avec des émissions comme celle d'hier soir qu'on fera avancer la sécurité routière.

La preuve? Sur les quelques dizaines de personnes qui étaient dans la salle, une a été tirée au sort pour recevoir une voiture (16.000 euro, tout de même), et nous ne savons même pas si cette personne a été ou n'a pas été choisi parmi ceux qui avaient fait cinq fautes ou moins au cours de cette épreuve.

 

 

Bon courage à toutes et tous..

 

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 15:43

Beaucoup d'entre nous se posent beaucoup de questions sur ce qu'on appelle la conduite préventive, dite défensive chez les anglo-saxons. Cette conduite si peu pratiquée, si peu enseignée, faute de temps paraît-il, dans ces auto-écoles où le seul objectif (si rarement atteint, quand on regarde les statistiques) demeure la réussite àl'examen, est pourtant la clef d'un comportement efficace et socialement productif sur la route et dans la rue.

 

Je dois à un forum les deux adresses (voici l'une, et voici l'autre) que je vous donne ici, qui vous permettront de vous faire une première idée de la chose, d'adapter votre pratique, ou de constater que vous appliquez déjà certains des principes énoncés ici.

 

Bon courage à toutes et à tous.

 

 

 

 

PS Une association ne vit que de ses adhérents. N'oubliez pas d'aller voir nos statuts, et notre page adhésion, et n'hésitez pas: adhérez !

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 17:01

On parle de celui-ci, on aurait pu parler de tous ceux-là, ces multiples cas où l'accident est dû à une "perte de contrôle" d'un véhicule.

Aujourd'hui, on en parle parce qu'il s'agit d'un conducteur particulier, un gendarme, conduisant un véhicule dit banalisé, c'est à dire un véhicule ordinaire qui pouvait être le sien propre tout comme n'importe quel véhicule professionnel. On en parle parce que ce sont des enfants qui en sont les victimes innocentes, des victimes un peu plus innocentes encore du fait de leur âge. On en parle parce que depuis quelques jours, sous la pression non des organisations de victimes de l'insécurité routière ou des organismes de formation, mais sous celle de forces qui ont l'indécence de qualifier de "liberticides" certaines décisions prises au sujet des radars routiers, une polémique est née au bénéfice des partisans (à peine masqués) d'une déréglementation de la vitesse.

 

Mais revenons sur cet accident.

Le conducteur de ce fourgon, qui a tué un enfant et en a très gravement blessé plusieurs autres, aurait dit qu'au sortir d'un "rond-point", plus exactement d'un carrefour à sens giratoire – employons les termes adéquats, sa roue arrière droite aurait attaqué un trottoir et son véhicule n'aurait plus été contrôlable, d'où la "perte de contrôle". A cela, pas d'explication rationnelle pour l'instant, dans la mesure où est mise en exergue une vitesse considérée comme non excessive (30 à 40 km/h), ce qui serait confirmé par un collègue (un autre gendarme) qui suivait le véhicule en cause.

 

Il est bien dommage que de tels propos puissent être tenus, avec une telle marge d'erreur, puisque entre 30 km/h et 40 km/h l'écart est soit de 33%, soit de 25% suivant la base prise pour cette évaluation.

Par ailleurs, le témoignage auquel il est fait allusion, celui d'un collègue, semble bien fragile, alors même qu'on sait la force de l'esprit de corps qui règne au sein des forces armées en général, de la gendarmerie ici.

Enfin, et il n'est pas question de tirer des conclusions avant que soit close l'enquête, il n'est pas un enseignant de la conduite qui ne sache à quel point est fragile et difficile à trouver et garder l'équilibre entre allure et trajectoire, et que le premier défaut de tout conducteur est de mal apprécier les contraintes de la trajectoire ou celles de l'allure. Pour être plus précis, on ne peut trouver au fait que la roue arrière droite aurait mordu sur le trottoir qu'une seule explication. Arrivant à une allure trop élevée, ou devant opérer une manœuvre mal préparée (défaut de contrôle, ou faiblesse des informations recueillies), le conducteur a brutalement (et mal) rectifié sa trajectoire, avec les conséquences qu'on sait.

C'est pourquoi on peut s'interroger sur l'affirmation d'une vitesse du véhicule "non excessive".

 

Chacun (je parle des enseignants de la conduite) sait que la solution à bien des difficultés, et en particulier à celle de recueillir des informations suffisantes ou à garder le contrôle de son véhicule, c'est l’allongement du temps d'exécution, c'est à dire la réduction de l'allure. Or, malgré les dires jusqu'ici relayés par les organes d'information, on est bien contraint de considérer que l'allure du véhicule devait certainement être excessive, et donc qu'il s'agit bien d'une faute de conduite liée à la surestimation des ses capacités par le conducteur.

 

Ne reste plus à l'autorité judiciaire de dire l'étendue des responsabilités, et de déterminer les peines. Puisse-t-elle offrir aux victimes la réparation qui leur donnera la chance d'une consolation.

 

 

Bon courage à toutes et tous.

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