Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
Le début est ici, la suite là.
Et voici la fin.
Est-ce la faute des inspecteurs ? Certainement, car ils sont pour beaucoup dans cette situation.
D'abord, il est inexplicable que malgré les efforts (c'est du moins ce qui est dit) qui ont été faits dans le domaine pédagogique, les résultats n'ont pas beaucoup évolué depuis trente ans.
On a même laissé entendre que les inspecteurs (il s'agit de quelques centaines de personnes recrutées sur concours, et jalouses de leurs prérogatives, qui sont dans une situation stratégique qui peut être comparée à celle des contrôleurs aériens) ne sont pas si insensibles que cela aux incitations dont ils sont l'objet.
Au début de ce qu'on a appelé la “ conduite accompagnée ” (rebaptisée maladroitement AAC), pour inciter les futurs conducteurs à choisir cette option (la moins mauvaise façon d'apprendre à conduire, il faut le rconnaître), les inspecteurs ont été d'un très grande bienveillance vis à vis des candidats qui choisissaient cette filière. Aujourd'hui, cette attitude a disparu, mais on pourrait bien la retrouver, puisque de l'aveu même des autorités, les nouvelles modalités de l'examen devraient faire passer le taux de réussite (à la première tentative) de 50% à 65%. Au fond, cela revient à dire qu'on change les critères pour arriver au résultat recherché, et que les inspecteurs devront suivre ces instructions qui augmenteront leur productivité. Dit autrement, cela donne : pour améliorer le résultat, on n'agit pas sur les moyens de production, on baisse (ou on modifie, c'est affaire d'interprétation) le niveau des contrôles.
Est-ce la faute des auto-écoles ? Tout autant, puisqu'elles ont la haute main sur le droit d'aller passer l'examen pratique. A ce résultat global que je juge désastreux, je vois plusieurs explications, déjà avancées par ailleurs.
L'incompétence des enseignants, qui n'ont ni la formation, ni les aspirations, ni le salaire qui les inciteraient à s'investir dans leur activité.
L'incapacité à juger des compétences des élèves : on aura beau “ cocher ” des cases et “ valider ” des étapes, il est incontestable que les formateurs ne savent pas quelles sont les compétences réelles (techniques et psychologiques) de leurs élèves. Et le refus de coopération entre ces établissements, qui n'ont entre eux que des rapports de concurrence, leur interdit d'échanger leurs élèves pour des examens blancs qui seraient des tests sérieux et utiles.
La gestion des places d'examen, si difficiles, paraît-il, à obtenir, qui contraint à présenter tout de même des candidats même si, objectivement, aucun ne répond, à ce moment-là, aux critères assurant une chance sérieuse de réussite.
La pression économique. Une heure de leçon, c'est cher pour beaucoup de gens, même si c'est moins cher qu'une heure de garagiste (et là, il faut d'abord fournir la voiture), et, après la vingtième heure (en voilà une belle ânerie, ce minimum de 20 heures, qui montre à quel point on a consulté des pédagogues pour le fixer) la plus grande partie des gens (aux faibles moyens) commence à se dire qu'il serait temps d'en finir. Ainsi, l'auto-école jongle entre le temps nécessaire pour apprendre à conduire, et le désir de plus en plus manifeste de raccourcir les délais et les dépenses. A ce petit jeu, l'auto-école ne peut que perdre, puisqu'elle ne peut qu'aller au conflit avec ses clients, pardon, ses élèves, sauf à trouver le moyen de s'en débarrasser, et ce ne sont pas les moyens qui manquent. C'est pourquoi on finit par présenter des élèves dont on sait qu'ils ne réussiront qu'avec la chance – étrange critère.
Revenons aux loueurs de voitures.
A l'évidence, dans l'état actuel de la réglementation, ils ne peuvent voir leur activité se développer. A moins que les choses ne changent...
Imaginons que se développent les candidatures libres au permis de conduire, que ces candidats continuent à apprendre le code seuls, passent l'ETG sans payer de “ droit de présentation ”, fassent appel à des loueurs de voitures (€15 à €20 l'heure), et travaillent avec des enseignants indépendants (€15 l'heure), conservent la maîtrise de leur calendrier de formation, puissent éventuellement changer de formateur (pas facile, aujourd'hui, de changer d'auto-école), participent à des sessions groupées où sont vraiment organisés des “ examens blancs ” (et que les inspecteurs ne leur barrent pas systématiquement la route !), on pourrait alors maîtriser les coûts de formation, et élever le niveau général des candidats et des conducteurs. Mais il faudrait alors partager le gâteau financier de cette formation dispensée chaque année à plusieurs centaines de milliers de personnes. Quel gouvernement osera se fâcher avec une si forte part d'un électorat potentiel ?
Bon courage à tous.