Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
Ce texte, que je découvre avec un enthousiasme, s'intitule "apprendre à (se) conduire". Il semble être le résultat (ou une partie du résultat, certainement) d'une "Action concertée incitative - Sécurité routière et société - Séminaire 27 &28 octobre 2004 -Paris", et a été rédigé par Mmes Marie Carcassonne et Laurence Servel, toutes deux appartenant à l'université Paris-Dauphine (on trouve leurs coordonnées sur tout moteur de recherche convenable).
En une bonne vingtaine de pages, on étudie, chose rare tout de même comme en conviennent les auteurs, "l'engagement des moniteurs d'auto-école (titulaires du BEPACASER) vis à vis de la sécurité routière, la manière dont ils se saisissent de ce thème, la place que ce thème occupe dans la construction et la pratique de ce groupe professionnel".
Je vous laisse bien sûr découvrir ce document.
Je crois qu'il faut tout de même insister sur les pages 10 et suivantes, où il est question de la formation (impossible?) des moniteurs.
N'oublions pas (qui était vraiment au courant?) en effet cette loi du 18 juin 1999 qui instaure une obligation, pour les exploitants d'auto-écoles, de suivre un stage de formation continue de trois jours pour obtenir le renouvellement de leur agrément. Et le texte de poursuivre que "les enseignants salariés des écoles de conduite ne bénéficient pas d'une telle mesure et les freins à la formation continue, en particulier d'ordre économique, semblent encore nombreux dans ce secteur". On goûte comme il convient un tel euphémisme.
Mais on se demande aussi à quoi servirait de dégager du temps pour former les moniteurs puisque, comme le dit le rapport MERIT "les moniteurs de conduite dans la plupart des pays n'ont pas les compétences nécessaires pour le faire" [enseigner selon la matrice GDE], tout comme M. Assailly (une référence incontournable dans ce domaine – quand j'étais jeune, on disait un "ponte", comme "pontifex") le précise: "on voit que ce ne peut être la même personne qui peut assurer une formation compétente dans chacune des 12 cases" [il s'agit toujours de cette matrice GDE qui semble être très en vogue actuellement].
Je passe sur ce que j'ai dit depuis des années sur les méthodes d'enseignement,, en particulier sur la fameuse pédagogie par objectifs à propos de laquelle Laumond précise qu'elle amène l'élève à apprendre à "appliquer des procédures souvent stéréotypées, qui lui permettent d'apprendre à faire, mais pas vraiment à réfléchir sur son activité". Pour dire les choses autrement, à quoi sert de savoir par cœur les réponses à 99 questions (les vérifications extérieures à l'examen) si se pose une 100ème question, ou une 101ème? A quoi sert de s'immobiliser en "seconde" si c'est sur les pieds d'un piéton?
Pour finir, un mot sur les auto-écoles (page 13). Deux pages leur sont consacrées, pour dire plusieurs choses qui devraient nous poser des problèmes. D'abord, elle semblent marginalisées par les pouvoirs publics, et si parmi les acteurs de la sécurité routière on trouve les sociétés d'assurance, les auto-écoles sont à peine citées, comme "partenaires de la sécurité routière". Ensuite, parmi ceux qui ne semblent intéresser personne, les enseignants, exploitants ou salariés. Sur eux, pas d'études, pas de littérature, comme on dit, pas de connaissances...
Il nous reste beaucoup à faire.
Bonne lecture, et bon courage à tous.S