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  • : Le blog des moniteurs et des élèves
  • : Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 20:52

Non, je ne vais pas vous raconter notre dernière séance de conduite accompagnée... mais seulement vous dire qu'Alphonse s'est offert 200 kilomètres d'autoroute en famille. Absolument rien à signaler, aucune circulation, pas de problèmes de pluie ou de neige... Tout s'est passé au mieux.

 

Et c'est en arrivant que son SMS me dit qu'il a "calé 8 fois sur un petit pont" et qu'il a donc laissé le volant "à maman"... Le bon fils! la bonne mère!

 

Tout cela est sans importance, c'est le métier qui rentre.

 

Bon courage à tous.

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:33

 

Quatrième séance accompagnée.

 

Pas de chance. Les apprentis-conducteurs de novembre (et des mois suivants) sont souvent contraints à conduire sous la pluie, ou du moins dans la grisaille. Notre séance d'aujourd'hui (dimanche après-midi) ne fait pas exception à la règle, et nous avons joué de l'essuie-glace à plusieurs reprises.

Mais cela est pourtant intéressant. Trouver la manette des essuie-glaces, savoir dans quelle position on est dans l'intermittence, la petite ou la grande vitesse, utiliser le lave-glaces (devant, derrière), tout cela tout en roulant et sans quitter le volant des mains (et la route des yeux), et savoir comment on allume les feux de croisement, et le feux arrière de brouillard et les feux avant, vérifier au tableau de bord, constater les effets de ces feux, repérer ceux qui ont allumé les bons ou les mauvais feux quand il pleut... de quoi occuper l'esprit pendant un petit moment, et surtout de quoi constater que toutes ces manœuvres relativement simples n'ont été que peu évoquées en 20 heures de leçons (à l'auto-école, on n'a pas le temps...).

 

Programme homogène aujourd'hui: conduite sur voie rapide/périphérique/autoroute, tout ce qui est à sens unique avec entrées et sorties effectuées à vive allure.

En tout, près de 70 kilomètres avec presque exclusivement ce genre de terrain de jeu. Il faut donc savoir entrer (observation, décision, mise en œuvre) et aussi laisser entrer les autres automobilistes, savoir sortir (problème des allures à respecter, du freinage, et, accessoirement, de la gestion de la grille des rapports, sans oublier les placements sur les deux, ou trois, voies), savoir se comporter dans le flot des véhicules (allure, placements, gestion des rapports de boite).

Accessoirement, nous avons repris l'excellent exercice sur les giratoires, toujours difficile du fait de la difficulté à maintenir des allures relativement faibles (le pied est trop souvent en appui sur l'accélérateur), ce qui perturbe les trajectoires, et aussi du fait de l'absence de normes claires sur les placements, sans compter les multiples exceptions à la signalisation qui semblent faites pour "pimenter" le parcours des automobilistes.

 

Dans le domaine interne (tableau de bord) comme externe, il y a encore pas mal à faire pour créer des automatismes, mais on avance bien, du moins quand on constate les progrès réalisés en si peu de temps.

Je ferai un point plus complet et plus précis dans mon prochain compte-rendu, en utilisant les notes prises sur le carnet ouvert pour cette période de conduite accompagnée. Le livret d'apprentissage, qui ne reprend que les dates et le nombre d'heures et de kilomètres est en effet bien insuffisant pour assurer un suivi pédagogique digne de ce nom.

 

Pour ce qui est de la séance d'aujourd'hui, elle a été plus détendue que la précédente, et tout à fait de nature à préparer le jeune Padawan aux 200 kilomètres qu'il doit faire dans quelques jours.

 

Et vogue la galère. Car il (ne) s'agit souvent (pas toujours) de galère.

 

(La suite très bientôt)

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 10:56

 

Il a même fallu des décisions judiciaires (pas trouvé, hélas, de références – Google n'est pas Dieu le Père) pour contraindre les préfectures, seules en mesure d'établir de telles statistiques, à publier le taux de réussite des candidats au permis de conduire, partant des auto-écoles qui les présentent puisque chacun sait que ce sont les auto-écoles qui ont la haute main sur la présentation à l'examen (et le font payer, parfois très cher).

 

J'ai trouvé un article tout à fait intéressant qui traite de ce sujet.

A juste titre, l'auteur remet en cause la valeur intrinsèque de cette statistique. Le taux en question dépend en effet de la "qualité" de la clientèle, centre-ville aisé ou banlieue laissée à l'abandon, haut niveau culturel et économique ou jachère intellectuelle et taux de chômage record...

Il évoque aussi le fait qu'un pourcentage n'a pas la même valeur suivant qu'il concerne 500 ou 50 personnes, la différence de degré entrainant parfois une différence de nature.

Et il n'oublie pas non plus les stratégies mises en place pour écarter les candidats susceptibles de poser des problèmes, soit au moment de l'inscription sollicitée, soit en décourageant l'élève (délais à rallonge, multiplication des leçons, et promesses non tenues... tout en privilégiant le chiffre d'affaires).

On peut donc conclure que cette publication, brute et non commentée ou pondérée, n'apporte en fait pas grand chose à des consommateurs par ailleurs bien peu protégés des exploitants (oh! que le terme délicieux!) peu scrupuleux.

 

Ce qui n'est pas dit dans cet article nous interroge directement, pourtant, en tant qu'enseignants. Le constat des difficultés d'apprentissage est une chose, la recherche de solutions en est une autre. Et s'il ne faut pas attendre grand chose des marchands de DVD (que ce soit ENPC, EDISER ou Codes Rousseau, ils vendent la même chose, car ils fournissent les mêmes examens... à un seul client) qui ne sont pas là pour faire de la pédagogie mais de la marge nette, on doit se demander si nous avons fait correctement notre travail et tenu notre place en abandonnant à des machines l'enseignement du code, par exemple.

Dans un article déjà ancien de janvier 2009, j'avais évoqué une auto-école associative qui a fait le choix d'une pédagogie totalement réécrite, renouvelée, fondamentalement active, qui obtient, avec un public peu favorisé, des résultats qu'on peut qualifier de remarquables. Faut-il parler aussi de cette auto-école, elle aussi sans but lucratif, de Tours (Mobilité 37) qui forme des élèves qui n'auraient fait que les beaux jours (financiers) des auto-écoles commerciales, mais qui ont, dans un autre cadre, 85% de chances de réussir l'examen...

 

La clé est peut-être là, qui ouvre toutes les portes, celle du rapport entre enseignement et argent, entre paiement d'une prestation utile et juste rémunération d'un service, la prise ne charge de la dépense pouvant être modulée dans un cadre autre qu'individuel.

 

Là aussi, des moniteurs indépendants, et responsables, ont toute leur place à prendre.

 

Bon courage à tous.

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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 07:49

 

Troisième heure accompagnée.

 

Il y a des jours "avec", et donc des jours "sans". Cette troisième heure sera un jour "sans".

 

Nous voici partis à trois (dans la voiture, une autre élève, dont je reparlerai une autre fois) pour notre entrainement aux entrées et sorties de voie rapide, sur le périphérique et l'autoroute, afin de pouvoir atteindre des allures assez rapides et trouver des densités de circulation suffisantes pour poser des problèmes.

 

En une demi-heure, nous avons déjà pas mal répété la manœuvre, avec plus ou moins de succès. Il faut dire que maitriser sa position sur la chaussée et son allure, évaluer les vitesses (et les intentions) des autres véhicules, décider parfois dans des conditions difficiles, et tout cela sans autre aide que les conseils du passager assis à côté de vous, ce n'est pas de tout repos. C'est là qu'on touche du doigt la faiblesse de la formation en auto-école, faiblesse qui n'est pas, on l'espère, délibérée (il ne s'agit pas de ne pas enseigner – je suis bienveillant, aujourd'hui) mais qui vient du fait qu'un mur est toujours présent en face des élèves, un mur qui se rapproche inexorablement, le mur qui matérialise la dépense maximale acceptable. Alors, dans le seul but de ne pas avoir à se fracasser contre ce mur, on fait semblant d'avoir tout fait (abordé, travaillé, et acquis!) en sachant que quand on parle d'acquis, c'est souvent pur optimisme (et dans le cas de l'AAC, les parents prendront le relais).

 

Nous allons voir, et, derrière nous la passagère qui nous accompagne s'en souviendra longtemps, de quelle façon on "lâche" sur la route des jeunes gens à qui on a oublié d'enseigner quelques choses essentielles.

Autoroute. Entre 100 et 110 km/h (env. 30 m/s). Sortie d'autoroute. Virage relativement serré. Bretelle assez courte débouchant sur un giratoire. En quelques fractions de secondes, nous découvrons que la trajectoire n'est pas "sûre" (mauvaise position des mains au volant), que la vitesse est trop élevée (appréciation optimiste de la courbure du virage, force centrifuge sensible), que le giratoire est encombré et que des voitures sont arrêtées devant nous. Freinage, encouragé de la voix par l'accompagnateur. Rétablissement de la situation.

Bilan.

La conscience du danger n'est pas présente. On est dans le "je ne vois pas de danger parce qu'il n'y en pas", et non dans le "je ne vois pas de danger parce qu'il est caché".

La perception de la vitesse est insuffisante, parce que insuffisamment vérifiée et constatée au tableau de bord (ou en laissant le regard se poser ailleurs que sur le ruban de la chaussée).

La trajectoire n'est pas maitrisée du fait d'une mauvaise position des mains, d'un apprentissage très insuffisant dans ce domaine, donc d'une impossibilité d'agir vite et bien. Cette trajectoire incertaine se retrouve d'ailleurs dans de nombreuses circonstances (passage des giratoires, en particulier) où on est souvent dans une non ou faible intervention au volant, donc une approximation globale où la chance – et l'accompagnateur – peut pallier les défaillances).

Les idées reçues et injustifiables peuvent s'opposer à la sécurité. Notre néo-conducteur me dit en effet qu'on ne freine pas dans un virage... ce qui est vrai quand la maitrise de la trajectoire est faible, mais faux quand il s'agit d'éviter un choc. Rendons-lui justice, cependant, quand il a vu qu'il fallait ralentir, il ne s'est pas jeté sur le levier de vitesses...

 

Nous voici à l'entrée, fort chargée, d'un giratoire. Entrée en côte.

Une bonne occasion de revoir le démarrage en côte, dis-je. Mais la réponse de l'apprenti-conducteur est des plus étonnantes: je ne sais pas faire, je n'ai jamais appris, on m'a seulement montré une fois à ma première leçon d'évaluation.

Pas appris. Pas appris ce qui semble être une manœuvre sinon courante du moins pas si rare. Alors, comment fait notre élève? Il utilise cette bonne vieille tricherie* tellement pratiquée en auto-école, dont est complice le couple à bas régime du moteur Diesel. Pied sur le frein, on remonte le pied gauche au point de patinage, on peut alors relâcher le frein et poser le pied sur l'accélérateur, et démarrer tranquillement. Le plus souvent. Et avec un moteur Diesel, quand la pente n'est pas trop forte, si on n'est pas trop chargé... A revoir d'urgence ce qui est un entrainement à la maitrise du pied gauche. Indispensable maitrise du pied gauche, puisqu'on a définitivement dévalorisé les voitures avec boite automatique, bonnes pour les handicapés, m'a-t-on dit.

 

Vous le voyez, cette troisième heure n'a pas été très paisible, ni pour le conducteur, ni pour l'accompagnateur. Mais il n'est pas question ici de chercher un fautif, ou un responsable, il est question de constater des erreurs, et de les corriger.

Certes, cette fois encore comme d'autres, je maudirai ces gagne-petits de l'enseignement qui peuplent les auto-écoles (si bien secondés par la confrérie des inspecteurs du permis de conduire), ces donneurs de leçons de la pédagogie qui sont tout juste bons à appuyer sur le bouton on/off du lecteur de DVD, ces demeurés de la mécanique qui croient encore qu'on ralentit les voitures de 2010 comme les 6x6GMC débarqués en 1944 sur les plages de Normandie.

Mais le but est d'essayer de corriger, d'améliorer, d'enseigner enfin les bons gestes, en les justifiant toujours, qui font qu'un conducteur est sûr, pour les autres comme pour lui.

 

Nous avons donc du pain sur la planche.

 

Et vogue la galère. Car il s'agit souvent de galère.

 

(La suite très bientôt)

 

 

*De même, pour l'épreuve de slalom lent au permis moto, il est d'usage de monter artificiellement le régime du ralenti, évitant ainsi aux candidats d'avoir à travailler l'embrayage à la main gauche pour réaliser l'épreuve. L'essentiel est d'obtenir le permis, et on sait que seule la victoire est belle!

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 20:08

 

Deuxième heure "accompagnée".

 

Il y a trois jours, j'avais testé notre jeune conducteur sur le périphérique. Pas très convaincant, l'essentiel de ses connaissances se trouvant dans la certitude qu'il faut accélérer en troisième sur le voie d'insertion (ou d'accélération, on ne sait jamais quel est le terme à employer). J'ai donc décidé de passer une heure à des entrées-sorties sur "voie rapide".

 

Le principe est simple, et tout le monde le connaît:

savoir à quelle action on se prépare, et en connaître à la fois l'intérêt et les difficultés,

se renseigner (regarder autour de soi, du côté d'où pourrait venir un danger, se mettre en position d'observation, faire de la "prise d'information" comme on le jargonne chez le inspecteurs),

décider d'agir,

indiquer clairement aux autres ce qu'on va faire,

agir conformément à ce qu'on a décidé et indiqué aux autres usagers.

 

Nous avons donc emprunté ces voies d'insertion à allure réduite, ou moins réduite en tenant compte de la visibilité et de la circulation, nous avons aussi trouvé une bonne position au volant pour pouvoir surveiller ce qui arrive de l'arrière tout en percevant ce qui se passe devant nous, nous avons cherché à comprendre pourquoi les autres conducteurs adoptent telle ou telle attitude, nous avons encore compris (et appliqué) pourquoi on accélère, et quand on accélère sur cette voie d'insertion, nous avons appris à utiliser la boite de vitesses d'une manière un peu moins conventionnelle qu'à l'auto-école (par exemple la montée directe de troisième en cinquième en fin d'accélération), en sachant qu'il faudra aussi voir d'autres cas particuliers liés à cette insertion et sortie des voies rapides.

 

Une heure durant, nous n'avons à peu près fait que cela, jusqu'à obtenir une véritable compréhension des enjeux, et un début d'application assez satisfaisant. Mais au prix d'une réelle fatigue, puisque notre conducteur, au retour, nous a fait prendre une voie de bus parfaitement matérialisée et interdite aux autres véhicules...

 

Et vogue la galère. Car il s'agit souvent de galère.

 

(La suite très bientôt)

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 10:06

 

Aujourd'hui, première heure "accompagnée".

 

Je suis arrivé avec un second rétroviseur intérieur, comme on en trouve dans les véhicules-école. Dépense tout à fait légère (quelques euros en magasin spécialisé en automobile), au regard de la sécurité qu'elle procure à l'accompagnateur qui doit savoir ce qui se passe derrière la voiture.

 

Je ne vais pas être cruel, et je ne ferai pas la liste des gestes mal faits, des précautions pas prises, des décisions hasardeuses... qui me font m'interroger sur ce qui se passe durant les leçons de conduite (à vrai dire, je le sais, mais ce n'est pas une raison).

 

Premier travail: apprendre à se servir du volant, en ayant toujours à l'esprit qu'un véhicule en mouvement c'est une allure (changeante) et une direction (changeante, elle aussi). Nous avons donc tourné à gauche, à droite, et encore à gauche, et expliqué, montré et demandé que le volant soit utilisé correctement, et donc efficacement.

Est-il utile de rappeler que le placement des mains, depuis la phase de préparation (avant toute action) jusqu'à la phase de retour à la ligne droite, tout comme la direction que prend le regard, est la condition sine qua non de l'efficacité, et de la sécurité. On peut tout juste s'étonner que ce geste ne soit pas répété, et répété encore en leçon de conduite jusqu'à obtenir un automatisme total qui libère le conducteur de tous les désagréments d'une compétence mal acquise et mal exécutée. Est-ce la relation commerciale qui parasite à ce point la pédagogie, ou sont-ce les moniteurs qui répugnent à exiger quelque chose de leurs élèves, au risque de détériorer cette relation de "camaraderie" (à travers le tutoiement, souvent réciproque) à laquelle ils semblent tenir. Un peu des deux certainement, mais cette contrainte et cette attitude nuisent incontestablement à l'efficacité. Dommage.

 

Et vogue la galère. Car il s'agit souvent de galère.

 

(La suite très bientôt)

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 20:00

 

Conduite accompagnée

 

Il n'avait pas été simple pour lui de passer l'ETG (épreuve théorique générale) puisque, convoqué par l'auto-école au milieu de ses vacances (il avait fallu faire l'aller-retour depuis son lieu de villégiature), il avait été informé le jour même qu'il devrait attendre la fois suivante...

Une fois passée cette première étape, il a fait sa vingtaine d'heures en voiture en à peu près deux mois, avec comme guide son livret d'apprentissage dont la lecture donne une idée précise de l'usage qui en est fait: première étape validée au bout d'une bonne dizaine d'heures, seconde après quinze, troisième après dix-huit, et quatrième à vingt-deux heures. L'explication est simple: au début de l'apprentissage, on est tout à fait sérieux, et on passe du temps à mettre des bâtons, des croix ou à noircir les petites cases. Et avec le temps (qui passe si vite), on comprend que cette progression décrite par le livret d'apprentissage est plus que difficilement compatible avec la réalité, et que bien des choses sont considérées comme acquises parce que leur connaissance n'est pas vérifiée (par exemple, la connaissance du tableau de bord passe souvent par profits et pertes). Bref, le livret reste dans l'aumônière de la porte avant droite, et il est rempli en fin de formation, pour régulariser, et on n'en parle plus.

 

Avant que l'élève ne soit abandonné à ses parents (les accompagnateurs "naturels"), ces derniers passent deux heures dans la voiture pour être préparés à leur tâche. Il n'est pas question de tester la qualité de la conduite des parents (pas question d'avoir à leur dire que leur conduite est loin des critères de l'examen pratique!), mais de montrer ce qui est autorisé, et ce qui est déconseillé, sans oublier de dire qu'on peut, en cas d'urgence, sa saisir du frein à main (entre les deux sièges) pour ralentir de la voiture. Pour ce qui me concerne, j'insiste sur le fait qu'il ne faut JAMAIS tenter de ralentir une voiture avec le frein à main, ce qui est la garantie de l'accident, toujours grave, parfois mortel.

Dans la réalité, et c'est là qu'on touche les piètres qualités pédagogiques des moniteurs, les parents assistent aux deux dernières heures de formation de leur fils ou fille, et ne reçoivent pas de consignes particulières, devant se contenter de faire au mieux. Certes, il y avait dans la documentation remise à l'inscription (il y a plus de six mois!) un petit fascicule qui décrit assez bien le rôle des accompagnateurs, mais il n'en est plus question, le moniteur ne sachant pas vraiment ce qui est distribué aux élèves.

 

Et vogue la galère. Car il s'agit souvent de galère.

 

(La suite très bientôt)

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 18:10

 

Je me suis remis au "Code de la route", le si mal nommé puisqu'il nous dit parler de la route, et qu'il ne devrait ne nous parler que des usagers de la route, puisqu'on n'a jamais vu la moindre route répondre à la moindre injonction légale...

 

Comme vous le savez tous, à moins d'aller verser sa substantielle obole à une auto-école, impossible d'apprendre de quelle façon il faut se comporter sur une route ou dans une rue, impossible d'apprendre cette langue de signes, de panneaux, de gestes qui sont le moyen de dire, d'interdire, d'enjoindre, de conseiller à des millions d'usagers volontaires ou moins volontaires ce qu'ils doivent faire, ou ne pas faire.

Ainsi donc, qu'on soit riche ou pauvre, intelligent ou stupide, le droit de circuler au volant d'une voiture passe par l'auto-école.

Et ce serait heureux. Heureux si les auto-écoles vous enseignaient et le code (la théorie), et la conduite (la pratique), et ne vous dressaient pas au passage de cette assez sotte ETG (épreuve théorique générale) d'un côté, au passage d'une épreuve pratique qui est au mieux une loterie, au pire un attrape-nigauds.

 

Devant une telle situation, il faut bien essayer de sauver les meubles. Et c'est ce que je m'évertue à faire depuis quelques semaines avec une personne qui a fait appel à moi, par le truchement d'une association qu'on qualifie de caritative – une bonne œuvre, en quelque sorte.

La quarantaine passée, femme, musulmane, d'origine marocaine mais de nationalité française presque depuis son arrivée en France il y a une trentaine d'années, mère de famille, elle rêve depuis bien longtemps d'avoir le permis de conduire pour trouver, par ce biais, un peu de cette autonomie qui lui manque aujourd'hui. La voilà donc inscrite dans une auto-école (€275,00 payables cash) où elle s'est rendue en compagnie de son mari (après quelles prières, après quels efforts!). On y a bien compris son premier handicap: elle ne lit ni n'écrit le français. Qu'importe, lui explique-t-on, puisque tout est expliqué oralement, et qu'il suffit de faire des croix dans des cases. Il est vrai qu'une inscription, c'est une inscription, et que la location d'une chaise, deux ou trois heures par semaine, à ce prix là, cela ne se néglige pas.

 

Les premiers résultats sont à la hauteur de ce qu'il fallait attendre. Entre 15 et 25 fautes par série, à raison d'une série deux ou trois soirs par semaine (la séance dure une heure), sans que le ou la responsable présent(e) intervienne jamais (auto-formation, auto-correction), sauf à la demande des chanceux qui se voient confier la télécommande qui leur permet de d'entrainer "comme à l'examen", ces chanceux qui "ont une date". On le voit, les auto-écoles demeurent ce qu'elles sont, et nihil novi sub sole... (c'est du latin, c'est pour faire chic, ça veut dire "rien de nouveau sous le soleil").

 

Alors, je travaille le code avec elle, à l'aide de ces instruments d'un autre âge que sont le tableau noir (ou le bloc de feuilles sur un lutrin), les craies de couleur (ou les feutres pour le papier), et un tout petit peu le "code Rousseau".

 

Et ce n'est pas triste. On en reparle plus tard, au sujet d'une autre élève...

 

Faites de beaux rêves.

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 17:57

On a déjà évoqué ici, et à de nombreuses reprises, les conditions (étonnantes, parfois), dans lesquelles est dispensé l'enseignement de la conduite des automobiles (permis B), sans parler de l'enseignement de la conduite des motocyclettes (permis A), ce qui est une autre affaire à traiter en tant que telle.

 

Pour enseigner la conduite des automobiles, il faut avoir acquis une compétence, sanctionnée par un diplôme, le BEPECASER (Brevet pour l'Exercice de la Profession d'Enseignant de la Conduite des Automobiles et de la SÉcurité Routière – on notera que ce n'est pas un Certificat d'aptitude à l'enseignement...). On passe alors examen national après environ une année scolaire de formation, tant théorique que pratique, qui mène au diplôme.

Une fois ce diplôme obtenu, il est nécessaire d'en passer par un examen médical, comparable à celui passé pour pouvoir conduire les poids lourds, taxis, et autres ambulances, pour obtenir une "autorisation d'enseigner" délivrée par le préfet. Donc, on peut dire que la compétence (sanctionnée par un diplôme) ne suffit pas, et que la santé (constatée par un médecin désigné par l'autorité gouvernementale, via le préfet) est tout aussi indispensable.

 

Peut-on alors gagner sa vie en enseignant la conduite ? Non, pas directement. Car l'enseignement de la conduite des automobiles à titre onéreux ne peut être organisé qu'au sein de structures ayant reçu un agrément délivré par l'autorité administrative (Article L213-1) sur des critères dont la-dite autorité a le plein contrôle.

On peut considérer qu'il est normal, concernant une activité qui met en jeu la sécurité individuelle et collective, que l'État exerce un contrôle sur les conditions de son enseignement. Seuls les esprits chagrins s'étonneront alors qu'il n'y ait pas d'écoles pour apprendre à boire ou à fumer (activités dangereuses pour soi et pour son entourage), ou à élever les enfants (autre activité à haut risque)... mais ce sont là, en effet, des esprits chagrins qui pourraient aller jusqu'à considérer, si jamais on les laissait s'abandonner à leurs tristes penchants, que l'enseignement de la conduite devrait relever de l'Éducation nationale...

Donc, aujourd'hui, il existe des auto-écoles, établissements privés, qui jouissent d'une autorisation administrative, sont libres de leurs tarifs (souvent folkloriques) mais pas de leurs méthodes ou de leur cursus d'enseignement (Il faut appliquer le PNF – Programme National de Formation), qui sont les seuls lieux où les titulaires du BEPECASER peuvent travailler et gagner leur vie (à l'exception des très rares auto-écoles associatives qui survivent grâce aux fonds publics).

 

On pourrait considérer le problème à l'envers. Peut-on apprendre à conduire n'importe où, et avec n'importe qui, et gratuitement ? La réponse semble être positive, se présenter en "candidat libre" (le terme "libre" est toujours mélodieux et significatif à nos oreilles) ne semblant pas être interdit. Ainsi, malgré les apparences, les auto-écoles ne jouissent pas d'un monopole pour la formation des candidats (leur seul monopole est sur l'enseignement à titre onéreux), tout comme l'Éducation nationale n'a pas le monopole de l'enseignement général, ce qui permet l'existence d'établissements dits privés à côté des établissements publics. Mais on ne confie pas l'enseignement de la conduite à n'importe qui, et c'est bien normal.

 

Voilà pourquoi, depuis le décret du 18 décembre 2009, et l'arrêté ministériel du 18 juin 2010 paru le 7 juillet, on a voulu encadrer mieux les "accompagnateurs" d'élèves non payants (et peut-être impécunieux) qui ne s'adresseraient pas directement à des auto-écoles pour apprendre à conduire. Ces accompagnateurs devront avoir reçu une formation au moins égale à 7 heures, théorique et pratique (4 heures minimum), "formation dont le programme est défini à l'annexe 1 du présent arrêté, [qui] a pour but de donner à l'accompagnateur des conseils utiles pour comprendre l'importance de son rôle et de lui apprendre à utiliser le dispositif des doubles commandes en opportunité et sécurité" précise l'arrêté.

On ne peut que se féliciter de cette précaution. Mais on s'interroge aussi. Car, si cette formation (compter entre 200 et 600 euros – montant à vérifier) ne donne le droit que de former un seul élève, nommément désigné, elle semble bien courte pour acquérir les automatismes qu'on trouve rarement chez les jeunes enseignants. En gros, les choses se passeront simplement : la matinée (3 heures) se passera à quelques exposés théoriques, à base de DVD et autres Powerpoint© dont on fait un usage immodéré dans tous les centres de formation, et l'après-midi (4 heures) se passera dans la voiture avec un "élève cobaye", et, si possible, deux ou trois "élèves formateurs" qui auront payé chacun une somme substantielle. Il y aura des journées qui ne seront pas perdues pour tout le monde.

 

Reste à savoir s'il y aura des candidats. Posséder, ou louer (la plupart des loueurs ont-ils renoncé ?) une voiture à doubles commandes, avoir à l'assurer éventuellement, recevoir une formation qui ne pourra être que sommaire pour n'avoir le droit de former qu'un seul élève nommément désigné (familles nombreuses, s'abstenir), tous les ingrédients sont là pour rafraichir les plus ardents enthousiasmes. À se demander si cet arrêté n'aurait pas été directement écrit dans les bureaux du CNPA, section auto-écoles, pour éliminer toute concurrence, même bénévole.

 

Enfin, tout cela nous amène à nous poser certaines questions, certainement sottes aux yeux de beaucoup :

st-il si facile d'enseigner la conduite qu'un rapide stage d'une journée permet de le faire efficacement...

Peut-on confier la sécurité d'un apprenti à une personne qui en aura appris si peu...

Que vaudra l'enseignement reçu aux yeux d'un inspecteur du permis de conduire, tellement habitué à la saine symbiose avec les auto-écoles...

Qu'apprend-on de plus au cours des longs mois passés dans les centres de formation de moniteurs...

 

Liste non exhaustive, évidemment.

 

A vos commentaires, et bon courage à tous.

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 11:36

Il est arrivé hier, en recommandé, et il était heureux que je sois là pour accueillir le facteur. Sinon, il m'aurait fallu attendre encore 24 heures supplémentaires.

 

Je l'ai parcouru, passant d'un élément à l'autre, d'une idée à l'autre, et j'ai eu fort à faire, car ce ne sont pas les idées qui manquent dans ces 150 et quelques pages qui fourmillent de conseils, de pistes, de propositions qui tiennent, pour les unes d'un bon sens trop peu pratiqué dans les auto-écoles, pour les autres d'une belle expérience de la conduite, mais surtout de l'enseignement qui a su faire son deuil des phraséologies creuses et des didactiques inutiles.

 

On est loin, Dieu merci, de certaines doctes sottises du GFA sur, entre autres, la "mobilité du regard", alpha et oméga de l'observation, qui fait qu'on voit tant d'élèves, et de candidats le jour de l'examen, jeter tout autour d'eux des regards éperdus, certes, mais mobiles sans savoir ce qu'ils doivent regarder, comment, où... Sans oublier que fort peu "d'apprenants" savent ce que peut signifier "prendre des informations périphériques"... pour parler comme les jargonnants.

 

Merci, donc, de votre envoi, et de la manière dont vous avez contribué à faire de la conduite un plaisir, et à nous rendre Heureux au volant.

 

Ne reste plus qu'à espérer pouvoir vous accueillir bientôt parmi nos adhérents.

 

Bon courage à tous.

 

 

 

Heureux au volant, un ouvrage de Géraldine Cagnat.

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