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  • : Le blog des moniteurs et des élèves
  • : Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 03:35

Il est curieux de constater les difficultés que peuvent avoir nos élèves quand il s'agit de choisir quel type d'éclairage convient à tel type de situation.

Pourquoi ne pas tenter ici un bref rappel, sous le contrôle des lecteurs qui peuvent évidemment commenter ces lignes, apporter des précisions, demander des rectifications... ou se référer à la documentation officielle comme ce dépliant. Et si ce texte vous plait, utilisez-le pour un cours pour lequel il vous faut un tableau noir et une voiture pour montrer in vivo ce que sont les choses dont vous parlez.



De jour, pas de feux.

Du moins, pas de feux jusqu'à maintenant, puisque dès 2011 seront obligatoires les feux diurnes, appelés DRL pour Daytime Running Lights tant il est vrai que l'emploi de l'anglais fait "moderne", "jeune" et "technique". Ces DRL, qui s'allumeront dès que le contact aura été mis, permettront d'être mieux vu des autres véhicules.
Cependant, il ne faut pas oublier que depuis de nombreuses années un grand nombre d'automobilistes allumaient leurs feux de croisement en plein jour, suivant en cela l'exemple des pays anglo-saxons ou surtout nordiques qui avaient compris, bien avant nous, l'utilité d'être mieux vu des autres usagers. Au grand dam des motards (le plus souvent en colère, comme encore montré il y a quelques semaines) qui, contraints de rouler avec leur feu de croisement allumé de jour, ne supportent pas d'être confondus avec les automobilistes, et ravalés par là au rang se simples usagers de la voie publique. Parmi les opposants, il ne faudrait pas oublier ceux qui insistaient sur le fait que, au nord de l'Europe, la durée d'ensoleillement était plus courte qu'au sud – vérité frappée au coin de la science la plus exacte.

Cet usage fut, à l'occasion, réprimé par les forces de l'ordre sur la base de principes divers ou d'interprétations variées du Code de la route (“Tout ce qui n'est pas strictement interdit est par conséquent obligatoire, et vice-versa”). Il faut bien qu'autorité s'exprime.

Pour ce qui est du refus de certains bons, mais hélas d'outre frontières, usages, on citera aussi la verbalisation des premiers automobilistes à avoir équipé leur véhicule de feux de brouillard arrière, aujourd'hui obligatoires, mais qui, à l'époque où cette obligation n'existait pas encore, étaient considérés comme dangereux car éblouissants. On peut éventuellement se rappeler aussi de quelle façon avait été combattue la possibilité d'autoriser les phares blancs sur les véhicules français, les opposants annonçant des hécatombes routières... qu'on attend encore, si on peut dire.

La nuit, des feux. Mais lesquels?

En ville
(avec éclairage urbain), par exemple, on allume ses feux de position qui auront pour particularité (dès 2011) de paraître sensiblement moins puissants que les feux de jour du fait de la généralisation des DEL (diodes électroluminescentes) pour ces derniers. On se doit d'imaginer que là, rien ne changera, et que longtemps on continuera à parler de ces feux de position qui, dans un environnement de plus en plus éclairé, ne sont pas d'un très grand secours. Effet du conservatisme, on n'a pas osé, à l'époque où on a autorisé (autorisé seulement) l'usage des feux de croisement, supprimer l'usage des feux de position. Donc, on utilise aussi désormais, toujours en ville (avec éclairage urbain), les feux de croisement, ceux qui sont le meilleur compromis possible entre beaucoup de lumière et peu d'éblouissement pour les autres usagers.

Évidemment, je préconise l'usage de ces feux de croisement. Pour une raison bien simple: dans une file de voitures qui roulent en feux de croisement, si se glisse un véhicule en feux de position, il n'est pratiquement pas visible. Ce sont le plus souvent les piétons ou les cyclistes qui sont victimes de cette pratique qui, si elle reste légale (hélas), est réellement dangereuse.

D'ailleurs, en ville (pardon, en agglomération, pour parler comme le Code), s'il n'y a pas d'éclairage urbain, c'est l'usage des feux de croisement qui est préconisé. Pour une fois, on peut considérer que c'est le bon sens qui parle: milieu non éclairé, vitesse limitée à 50 km/h (env. 14 m/s), feux qui éclairent à au moins 30 mètres devant le véhicule, soit la distance parcourue en deux secondes, c'est à dire le temps de réaction. Au moins, on peut espérer que le pied aura eu le temps de venir se poser (avec vigueur) sur le frein quand on arrivera au niveau de l'obstacle.

Hors agglomération, on peut utiliser ses feux de route puisque nos routes et la plus grande partie de nos autoroutes ne sont pas éclairées (sauf sur quelques kilomètres avant le frontière belge). C'est cet éclairage (portée d'au moins 100 mètres) qui assure la plus longue portée, correspondant à une vitesse plus élevée. A 90 km/h (25 m/s), on éclaire ainsi sa route sur 4 secondes, mais sur un peu moins de 3 secondes sur autoroute à 130 km/h (36 m/s). Cette perte sensible peut être considérée comme acceptable sur une voie à sens unique très protégée aux intersections (entrées et sorties).

Cependant, si la voie hors agglomération est éclairée (rare exception rappelée plus haut), le Code préconise l'emploi des feux de croisement. On reste dans une certaine logique: ce sont les routes et autoroutes "urbaines" ou "quasi urbaines" qui valent, par leur trafic, la dépense d'un éclairage public, et leur fréquentation justifie bien l'interdiction de feux particulièrement éblouissants.

Après ces principes généraux, venons-en aux exceptions, à ce qui paraît en être.

Si le véhicule possède d'autres types de feux, quand peut-on (ou doit-on) les utiliser.

A l'avant, les feux dits anti-brouillard que le code appelle feux de brouillard avant. Ni l'une ni l'autre des appellations n'est particulièrement élégante, mais on n'a pas cherché à trouver mieux jusqu'ici.
Les feux de brouillard avant s'utilisent quand il y a du brouillard (eh! oui), avec les feux de croisement ou avec les feux de position. Selon les véhicules, les deux solutions sont possibles ou pas. Ces feux, dont le faisceau est plat et étalé en largeur, permettent de mieux (mais pas de "bien") voir dans le brouillard, mieux que les feux de croisement (qu'on utilise à défaut de ces feux anti-brouillard), beaucoup mieux que les feux de route qui produisent un effet de "mur de lumière" qui aveugle le conducteur.
Ces feux de brouillard avant sont également utilisables dans une autre circonstance, relativement folklorique sinon dans sa réalité du moins dans son évocation par le Code. Il s'agit des routes joliment qualifiées de “étroites et sinueuses”. Qu'est-ce qu'une route “étroite et sinueuse”, comment la reconnaît-on? A vrai dire c'est une question d'appréciation personnelle, car ce qui paraîtra sinueux à un habitant de l'Eure-et-Loir le sera beaucoup moins aux yeux d'un Savoyard, et ce qui sera étroit pour un Altoséquanais (un habitant des Hauts-de Seine) le sera beaucoup moins pour un habitant de l'arrière pays Niçois (un habitant de Nice, mais là vous aviez deviné). Heureusement, il arrive que certaines routes soient désignées comme telles, ce qui permettra d'allumer, de nuit bien sûr, cet équipement relativement peu utilisé, les feux de brouillard avant.

 

Toujours à l'avant du véhicule, on peut disposer de feux dits à longue portée. Ces projecteurs ont un faisceau très fin, et très long, et permettent d'éclairer la route très loin (très longtemps, au fond, si on considère le mouvement du véhicule) devant le conducteur, souvent près de 250 mètres ou près de 7 secondes à 130 km/h. Revers de la médaille, ces feux ont un faisceau très étroit et ont pour effet de réduire de facto le champ visuel, et d'être de plus très éblouissants pour les autres usagers, même de loin. C'est pourquoi leur usage doit se faire en considération de ce risque, puisque l'éblouissement c'est aussi l'aveuglement, à tous les sens du terme...

 

Autre situation particulière, celle des phases de conduite où on peut passer de la lumière à l'obscurité, c'est à dire le passage dans des tunnels.

Si, en règle générale, les tunnels peuvent être rares, ils sont monnaie courante dans certaines régions: autoroutes alpines, ou périphérique parisien. Dans un cas comme dans l'autre, l'œil doit faire une adaptation permanente, et rapide, aux nouvelles conditions de luminosité, cette adaptation étant certes aisée chez les enfants et les adolescents (qui ne conduisent pas encore), mais plus lente dès la maturité. Et les vitesses pratiquées sont telles que l'œil a toujours moins de temps que nécessaire pour s'adapter. Un homme de 40 ans (un vieillard!) qui roule à 75 km/h (21 m/s) peut avoir besoin de 2 secondes pour, passant du plein soleil au tunnel même abondamment illuminé, récupérer une vision (presque) parfaite. Durant cette phase de vision détériorée, le plus souvent inconsciente, il parcours plus de 40 mètres, bien plus que la distance qui le sépare des autres véhicules (devant, derrière, sur les côtés). Le risque est donc augmenté à cette occasion.

C'est pourquoi il faut, dès avant l'entrée des tunnels, allumer ses feux, pour ne pas le faire trop tard, après l'entrée dans la pénombre du tunnel. Il est bien dommage que cette injonction, écrite en toutes lettres sur un panneau rond à fond bleu (Allumez vos feux), ne soit pas plus précise ni plus explicite. Mais on paie ici le prix de la lourdeur, de la difficulté à réagir des bureaucraties qui se fondent sur l'éternel principe de A. Th. Bloomberg et Nicola Tenescu (dans Méthodologie différentielle comparée des organisations concurrentielles, ©Faillard pour la traduction française, Paris, 1923) qui énonce que “moins on innove, plus on dure”, ou encore que “l'espérance de vie d'une organisation est inversement proportionnelle à sa créativité”.

Et je saisis l'occasion pour dire que je suis modérément convaincu par les systèmes d'allumage automatique des feux qui commencent à se généraliser sur les véhicules neufs: ces systèmes réagissent à une situation, et n'agissent pas par anticipation, donc ne me semblent pas conforme à ce qu'on doit attendre d'un conducteur, c'est à dire la propension à prévoir, à se projeter dans l'avenir immédiat, et non à être le jouet des événements.

 

 

Mais, de feux, il n'y en a pas que devant. Et ceux qui sont à l'arrière du véhicule ont aussi leur importance.

 

Ce qui s'allume à l'arrière quand on tourne (ou appuie sur) le bouton ne s'appelle pas feux de position mais feux rouges comme leur couleur. Dans la plupart des cas, ils sont équipés de lampes à incandescence d'une puissance de 5 watts, soit environ 10% de la puissance des feux de croisement ou des feux de route. Suffisants en marche dite normale, ils sont tellement peu efficaces que, à l'instar des pays qui connaissent des conditions météorologiques moins favorables que nous, un équipement supplémentaire a été ajouté, le(s) feu(x) arrière de brouillard, équipé(s) d'une ampoule dont la puissance est la même que celle des feux stop visibles même en plein jour. Ces feux de brouillard (un seul à gauche est obligatoire), vont souvent par deux. Dommage qu'à vouloir trop en faire on ne serve pas bien sa cause. Deux feux de brouillard, si ils sont regroupés avec les autres feus arrière, se confondent avec les feux stop, ce qui peut induire des comportements inappropriés de la part des autres conducteurs. Affaire d'appréciation personnelle, peut-être.

 

Et il y a aussi, à l'arrière, les indicateurs de direction (les clignotants dans le langage courant), et les feux stop.

Sur ce derniers, un mot avant de terminer. On entend souvent dire que, pour signaler aux véhicules qui vous suivent son propre ralentissement, il est adéquat d'exercer plusieurs légères pressions sur la pédale de frein afin d'allumer par intermittence les feux stop. Généreuse initiative. Cependant, cette manœuvre qui a lieu dans les cas où les vitesses paraissent élévées, les distances entre véhicules paraissent réduites, et les ralentissements paraissent importants, cette bonne idée est un bon exemple de ce qui peut se faire de pire. D'abord parce que ce “par intermittence” représente du temps (une, deux secondes?) et que le temps, en voiture, c'est de la distance (25 m/s, soit la longueur de cinq voitures, à 90 km/h), et que nul ne sait avec quel appui on allume ou on allume pas les feux stop... S'il faut ralentir, fermement, sur une courte distance, alors qu'on est suivi de près, il y a bien d'autres choses à faire, et de bien plus utiles.

 

J'en oublie un: le feux de recul. Il faut dire qu'il n'y en avait pas sur ma 2CV.

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commentaires

A
<br /> <br /> Ah et j'oubliais : en tant que motard et automobiliste, la critique de la généralisation des feux diurnes aux automobiles n'est pas comme vous l'avancer un problème "d'identité" (ce qui serait<br /> ridicule, le motard a déjà tellement d'attributs qui le différencie de l'automobiliste...). Mais un problème de sécurité : une voiture n'a pas le même comportement qu'une moto. Certains motards<br /> en abusant nous sommes d'accord. Mais le problème est que l'on ne parviendra plus à distinguer l'un de l'autre lors d'un coup d'oeil rapide dans le rétro. Comme c'est le cas de nuit par<br /> exemple.<br /> <br /> Cordialement <br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Sur les motards, je garde mes appréciations pour moi, après plus de quarante ans de fréquentation des routes françaises et européennes...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Distinguer les motos des voitures... un coup d'oeil rapide dans le rétro ne suffit pas, surtout de nuit, surtout quand il faut tenir compte d'un fait que les constructeurs méconnaissent, alors<br /> que les moyens techniques existent sûrement: les voitures qui "n'ont qu'un oeil", dont un des deux phares ne fonctionne plus, dont l'ampoule est grillée. Elles sont beaucoup moins rares qu'on le<br /> croit, et il s'agit là d'un véritable problème de sécurité.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Il fut un temps où on pouvait faire vérifier, sur la place du marché, le bon fonctionnement des phares. C'était facile, gratuit, et rendait bien des services. Aujoud'hui, il y a le contrôle<br /> technique tous les deux ans...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Merci de votre visite sur ce blog associatif.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> Bonjour;<br /> <br /> <br /> je cherchais plus de précisions sur l'usage des feux de brouillards avant. D'une je permettrai d'ajouter à votre article qu'on les utilise, outre en cas de brouillard, en cas de forte pluie ou de<br /> chute de neige. Par ailleurs on peut en effet les utiliser sur des routes étroites et sinueuses, mais uniquement en dehors des agglomérations. Et semble t'il (c'est cette précision que je<br /> cherche), uniquement en conjonction avec les feux de route. Je ne les croyais pas éblouissants car éclairant juste devant la voiture et d'expérience, mais il semblerait qu'ils soient considérés<br /> comme tels.<br /> <br /> <br /> Source : article R416-7 du code de la route. Et un avertissement de contravention d'un gendarme, lors de l'utilisation des feux de brouillards avant avec les feux de croisement, en<br /> agglomération...<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> <br /> Bien noté votre précision sur les cas de chute de neige (là, c'est clair) et de forte pluie (dans ce cas, c'est la quelificatif de "forte" qui me laisse perplexe).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Feux de route + feux de brouillard, en ville? Honnêtement, je n'en vois pas l'utilité, dans la mesure où la vitesse pratiquée ne demande pas un éclairage d'une telle intensité.<br /> <br /> <br /> Feux de route + feux de brouillard, hors des villes? Là, je m'interroge. Si le code dit (vous citez fort judicieusment l'article, merci, cela évite de chercher longtemps) que les deux sont<br /> possibles hors agglomération, il dit aussi que pour ne pas éblouir les autres usagers, les feux de croisement doivent remplacer les feux de route. Mais il ne dit pas que les feux de<br /> brouillard doivent alors être éteints.<br /> <br /> <br /> Je résume sur les feux de brouillard.<br /> <br /> <br /> Neige, oui, devant et derrière.<br /> <br /> <br /> Pluie (si "forte"), oui devant mais non derrière.<br /> <br /> <br /> En ville, non.<br /> <br /> <br /> Hors agglomération, avec zig et zag sur une route étroite (attention aux interprétations comme je le soulignais dans mon article...), oui devant avec les feux de route, et encore oui devant avec<br /> les feux de croisement, et non derrière.<br /> <br /> <br /> J'en oublie?<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bien cordialement.<br /> <br /> <br /> <br />