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  • : Le blog des moniteurs et des élèves
  • : Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 17:05

Tout le monde le sait, le permis est trop cher, trop cher, trop cher, mais tout semble mis en oeuvre pour que le permis ne soit pas "moins cher" mais tout simplement abordable pour ceux qui en ont besoin.

 

Je vous livre les commentaires d'un personnage dont je dois dire que je regrette d'avoir croisé sa route - on aime rarement être déçu ou pris pour un gogo - mais qui vient au secours des auto-écoles pour justifier leurs pratiques. Ensuite, nous nous permettons de vous livrer notre analyse.

 

 

Cher ??

Trop cher par rapport à quoi ??................
La prime d'assurance (paiement annuel)
Achat et perte financière lors de la revente de la voiture......
Entretien de la voiture
Prix de l'heure de MO chez un garagiste.......etc.
Je ne cherche pas à défendre les auto-écoles, et je ne suis pas propriétaire d'un bureau, mais il faut que vous précisiez cher par rapport à quoi !!
Le prix d'une formation au permis revient à environ 1500 à 2000 euros voir un peu plus pour certain, vous passer votre permis disons à 20 ans , vous allez conduire une voiture pendant combien d'années ?? 40, 50 ans ??
prenons 40 ans : 2000 € /40 ans = cela fait un permis qui revient à 50 € par an, c'est moins cher qu'un permis de pêche !!
Votre voiture va vous revenir à combien en 40 ans ?? assurance 400 € par an X 40 ans = ..........
16 000 € et je ne compte pas les augmentations, ni l'entretien ni la perte, coût d'un crédit et l'argent immobilisé.......
De plus si le permis baisse en tarif combien seront payé les moniteurs qui sont déja au SMIG !!!
Il y a certainement d'autres moyens ou formules à mettre en place plûtot que de vouloir baisser le tarif actuel.

Posté par mono-indépendant, 06 septembre 2010 à 09:11

 

 

 

Dommage que cet intervenant (dont nous n'avons nul besoin pour nous voir décerner des brevets d'honorabilité – cf. un de ses précédents commentaires) ne soit pas allé jusqu'au bout de sa pensée en nous gratifiant du slogan cher à ceux à qui il ressemble tellement: "Baisse des charges!"

Les choses auraient été plus claires, et il aurait montré son vrai visage, et la réalité de ses préoccupations...

 

Après le sempiternel rappel de tous les coûts que doit supporter une auto-école, coûts qu'on pourrait mettre en parallèle, pourquoi pas, avec ceux supportés par un ménage ordinaire qui doit faire vivre deux ou trois enfants (loyer, charges locatives, eau, gaz, électricité, télécommunications, nourriture, habillement, paiement et entretien de la voiture...) qui ne sont pas pour eux "déductibles", le voici qu'il nous fait le coup du marchand d'aspirateurs (cf. Mort d'un commis voyageur, une pièce d'Arthur Miller à connaître, et un film de Volker Schlöndorff à avoir vu) qui explique à des gens fauchés que l'appareil hors de prix qu'il va leur vendre ne leur coûtera pratiquement rien, rapporté à son espérance de vie et à son usage quotidien. Le raisonnement est spécieux, passe allègrement les bornes de l'honnêteté intellectuelle, et ne sert qu'à transformer le prospect en client, et le client en gogo. Le fondement du système ne se résume-t-il pas à la formule: "vous croyez ne pas avoir besoin de cet objet, c'est que vous connaissez moins bien vos besoins que moi, vous n'avez pas de quoi le payer, c'est que vous ne savez pas encore qu'il ne vous coûtera rien (tout en me rapportant beaucoup)". Et sa petite démonstration va jusqu'au 50 euros par an, en regrettant encore qu'il ne soit pas descendu jusqu'à "ça vous coûte moins de 15 centimes par jour – vous prenez vot' voiture tous les jours, non? - 15 centimes pour aller travailler, 15 centimes pour aller en vacances, 15 centimes pour avoir cette liberté qui vous fait échapper à la promiscuité des transports en commun." Si vraiment c'était du 50 euros par an,il y a belle lurette que les auto-écoles feraient payer leurs leçons sur 40 ans,et sans intérêts! Malheureusement, c'est du 1500 euros, quand ce n'est pas du 3 ou 4000, payables d'avance.

Tout le monde connaît cette musique à laquelle ne se laissent prendre que les plus mal armés face au peu de scrupules de vendeurs professionnels du boniment.

 

Peut-on être sérieux sur ce sujet, juste un instant?

Comme toute une entreprise, une auto-école supporte des coût, des charges en termes comptables, le prix des moyens qu'elle met en œuvre pour exercer son activité. En contrepartie, l'auto-école vend ses prestations. Son chiffre d'affaires (le montant de ses ventes, ses produits) doit lui permettre d'absorber ces coûts (y compris les coûts salariaux) et de dégager un profit qui sert, globalement, à rémunérer le capital investi et à investir dans l'outil de production.

 

Nous avons, ici et à maintes reprises, insisté sur le fait que les auto-écoles sont, pour la plupart, en état de sinistre économique et financier avancé. C'est d'ailleurs pour cette raisons qu'elles sont amenées à des pratiques qui slaloment de part et d'autre de la ligne (pourtant continue!) de l'honnêteté et de la légalité. Tout le monde les connaît, inutile d'y revenir. Mais c'est aussi pour cette raison que les auto-écoles entretiennent le flou le plus artistique sur la réalité de leur situation, se gardant bien d'en dire trop sur leur gestion commerciale et financière, sauf quand il faut ouvrir les livres de comptes devant le tribunal de commerce, ce qui arrive aussi, mais pas si souvent, la "cessation pure et simple d'activité" étant une méthode bien plus discrète que le dépôt de bilan.

 

On aimerait que, comme certaines entreprises (les entreprises de presse, par exemple), les auto-écoles publient leurs comptes, disent combien elles forment d'élèves, combien elles en présentent à l'examen, combien elles paient leur personnel, quel est leur véritable "taux de réussite", ce qu'elles consacrent à la formation continue des enseignants... Il serait alors plus facile de croire, ou pas, à ce qu'on peut considérer, dans l'état actuel des choses, comme des jérémiades fort peu convaincantes.

Elles pourraient alors justifier leurs coûts, et expliquer, avec des arguments plus convaincants, que le permis n'est pas cher.

 

Mais qui osera?

 
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