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  • : Le blog des moniteurs et des élèves
  • : Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 17:25

En mai 2010, il y a plus de quatre ans et demi, j'ai été à l'origine de la création d'une association qui se donnait pour but de "faire changer les choses, faire bouger les lignes" dans le domaine de l'apprentissage de la conduite automobile, et en particulier de libérer à la fois les apprentis conducteurs et les enseignants de la conduite (et très accessoirement de la sécurité routière) de la double tutelle des employeurs, si justement dénommés "exploitants" d'établissements d'enseignement, et d'une administration dont le seule utilité apparente semblait encore être la délivrance auto-régulée du permis de conduire – dans très peu de temps, l'affermage de l'épreuve théorique générale (l'ETG, ou encore "le code"), ou l'abandon à des enseignants de collège ou lycée qui ont bien d'autres choses utiles à faire, fera entrer encore un peu plus de considérations économiques dans cette activité et toujours moins de formation efficace et de pédagogie.

 

Libérer les élèves ?

Oui, d'une réglementation qui pouvait avoir une certaine pertinence à une époque de relativement faible mobilité géographique des jeunes ou des moins jeunes. Mais aujourd'hui, il n'est pas rare que des études commencées ici se poursuivent ailleurs, qu'un apprentissage initié là demande un stage de plus ou moins longue durée dans une autre ville – alors pourquoi rendre les élèves prisonniers de leur première inscription ?

Oui, d'une idéologie qui prétend encore imposer à tout titulaire du permis de conduire l'obligation de posséder son propre véhicule, marque d'un statut d'adulte que tout dément par ailleurs (difficultés d'accès au logement, au travail, à l'autonomie en général), alors même que l'idée de la possession et de l'usage d'un véhicule sont en pleine mutation.

Oui, d'un système où l'apprentissage de la conduite semble secondaire, puisque 90 % du temps de conduite se déroule en milieu urbain ou péri-urbain, sur des parcours qui reproduisent fidèlement les "parcours d'examen" que suivent paresseusement les examinateurs, et que certaines manœuvres difficiles ou dangereuses sont sous estimées, voire écartées de l'apprentissage (le dépassement sur route à double sens, par exemple).

 

Libérer les enseignants de la conduite ?

Oui, les libérer d'une formation professionnelle initiale coûteuse, insipide, fondée sur la pauvreté pédagogique et la seule reproduction de gestes mécaniques (à travers la désespérante "pédagogie par objectifs"), monopolisée par des organismes le plus souvent liés par des contrats obscurs aux autorités locales et dont le seul objectif est le taux de réussite à l'examen garant du renouvellement de la manne publique.

Oui, des employeurs, "exploitants" d'établissements d'enseignement, qui demeurent avant tout des commerçants – ce qui n'est pas en soi déshonorant – dont les préoccupations vont au résultat, à tous les sens du terme, plus qu'à la qualité ou à l'enrichissement pédagogiques. Sans oublier que la permanente guerre des prix que se livrent ces établissements se traduit le plus souvent par une pression sur des salaires qui ont bien du mal à décoller du niveau du SMIC.

Oui, de la quasi interdiction, pour des raisons comptables et financières, de toute innovation pédagogique, de l'impossibilité de s’écarter tant soit peu de ce qui va servir à l'examen, les élèves étant censés venir acheter, au prix le plus bas possible, ce qu'ils considèrent comme le droit de conduire qu'au fond on ne saurait leur refuser.

Oui, d'une administration qui a fait cause commune avec "les professionnels de la profession", comme disait Jean-Luc G., aux deux extrémités du système. Au sommet, quelques hauts cadres qui feignent d'ignorer la réalité de la situation en acceptant comme interlocuteurs des groupes de pression qui ne représentent en rien les enseignants ou les élèves, à la base la grande masse – quelques milliers de personnes, tout au plus – d'un corps d'examinateurs et d'administratifs qui n'ont pas d'autre but, semble-t-il, que d'assurer leur tranquillité en considérant avant tout les intérêts d'une profession encore aujourd'hui réglementée, c'est à dire protégée, en un mot sclérosée.

 

J'ai donc fait toutes les démarches nécessaires à la création de cette association, avec l'aide de quelques personnes, et j'ai ouvert ce blog dont j'espérais qu'il serait le forum où pourraient se rencontrer idées et personnes, et d'où pourrait émerger une force, un mouvement de nature à ouvrir une première brèche dans un système à bout de souffle, c'est à dire la reconnaissance du droit des titulaires du BEPECASER (ou de ses équivalents) à enseigner en dehors du cadre des établissements agréés

Il faut noter à ce sujet que le système est encore bien verrouillé, et qu'une initiative comme celle d'Ornicar est encore bloquée par les autorités administratives qui continuent à protéger les intérêts des auto-écoles traditionnelles – et des électeurs et agents d'influence que sont leurs exploitants – au nom, comme d'habitude, de la qualité(?) de l'enseignement et de la défense(re-?) de l'emploi.

Des contacts ont aussi été prix avec des Parlementaires, dont certains se sont montrés intéressés par cette démarche et avec des journalistes, mais, faute de relais et de notoriété, il n'a pas été possible de faire produire à ces contacts tous les effets souhaités.

 

Hélas, très vite, l'un a préféré sa tranquillité personnelle et la poursuite de son activité (sous une forme que pourtant il savait illégale), l'autre a souhaité ne plus être associé à une initiative qui devait, du fait même de sa nature et de ses objectifs, le faire apparaître comme un opposant à la politique menée par l'administration, un troisième a constaté qu'il n'avait plus aucun intérêt personnel à participer à l'aventure… et globalement, il s'est trouvé plus de gens pour venir aux nouvelles, pour demander un service (gratuit), pour solliciter de l'aide, bref, pour considérer que cette association pouvait leur être (directement) utile sans avoir à faire, eux-mêmes, un démarche d'adhésion et de soutien. Pour l'anecdote, il m'a été dit que €12,00 de cotisation, c'était tout de même beaucoup – combien pour un paquet de cigarettes ?

 

A l'origine, je m'étais donné trois ans pour "réussir", c'est à dire pour fédérer autour d'un idée qui me paraissait bonne, alimentée par de nombreuses contributions sur le blog (27.618 visiteurs uniques, 56.415 pages vues, , un nombre suffisant de gens (enseignants et élèves, ou nouveaux titulaires du permis de conduire) pour obtenir un premier contact sérieux avec les autorités administratives ou avec les élus.

 

A l'évidence, rien de tout cela n'a été possible.

Les enseignants, enfermés dans leur solitude et préoccupés de leur survie économique et professionnelle, n'ont pas voulu courir un risque supplémentaire et affronter leurs employeurs d'aujourd'hui, tout en préservant leur rêve, pour beaucoup, de trouver une autre activité professionnelle ailleurs ou d'ouvrir leur propre auto-école – qu'on me pardonne de penser ici à Jacques Brel qui "lassé d'être chanteur [souhaitait devenir] maître-chanteur". Les élèves ont choisi de faire le gros dos et de se comporter en bons petits soldats qui feront ce qu'on leur dit pour obtenir, dans des conditions parfois étranges, leur permis de conduire et se débarrasser du problème, et l'administration a pu constater avec délice, mais sans rien en dire, que n'était pas encore venue la fin de sa tranquillité.

 

 

 

Aujourd'hui, 15 janvier 2015, j'ai décidé de mettre un terme au rêve, et de constater la fin de l'activité, selon la formule la plus adéquate, de l'Association des enseignants de la conduite et de la sécurité routière indépendants.

Parallèlement, le blog "moniteurautoecole" sera fermé dans les semaines à venir, le temps d'archiver ce qui, pour moi, peut présenter un intérêt, tout comme sera fermée la boite à lettres électronique moniteurautoecole@laposte.net ; de toutes façons, ce blog est devenu, bien contre mon gré et faute de publications, un panneau publicitaire dont je me serais volontiers passé.

 

Et, comme il sied, si je dois remercier ceux qui m'ont aidé, et se sont aidés ainsi eux-mêmes, je peux préciser que ceux qui ne m'ont pas prêté leur concours ou ont abandonné l'aventure n'ont mérité ni ma gratitude, ni ma reconnaissance, pas même ma rancune.

 

RH

 

 

A l'occasion, ceux qui auront envie de poursuivre, à titre personnel, un peu de cette aventure avec moi, pourront le faire en visitant mon blog (leblogderegishulot), la boite à lettres électronique regis.hulot@laposte.net restant ouverte.

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Published by moniteurautoecole