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  • : Le blog des moniteurs et des élèves
  • : Un blog pour les moniteurs, mais aussi pour les élèves conducteurs, pour permettre aux premiers d'exercer enfin librement leur métier (leur art!), et offrir aux seconds un enseignement de qualité, à moindre frais, dans une relation de confiance et de liberté.
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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 22:30

Il y aurait gros à parier (et à gagner) pour qui voudrait faire un pronostic sur la date de la prochaine décision gouvernementale au sujet de ce sujet d'importance : 90, ou 80, sur les routes à double sens sans séparation physique des deux sens de circulation (pardonnez-moi, pour la suite je dirai plutôt "routes ordinaires", ou l'équivalent). Quelle qu'elle soit, rien avant la dégelée annoncée aux élections européennes.

 

Autant le dire tout de suite, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière a parfaitement raison quand elle dit que réduire la vitesse maximum autorisée à un véhicule, c'est réduire automatiquement les conséquences des accidents (on dit "sauver des vies"). C'est tout simplement de la physique, qui nous montre qu'un véhicule de 1.200 kg lancé à 90 km/h (soit 25 m/s) dégage une énergie cinétique de 375 kj (kilo-joules), alors que le même véhicule roulant à 80 km/h (22,22 m/s) ne dégage qu'une énergie cinétique de 296 kj. 10 km/h de moins (11,11%), c'est 79 kj de moins, soit 21,07% d'énergie en moins. On voit bien que les conséquences de l'impact ne peuvent pas être les mêmes.

En suivant ce raisonnement, on peut aussi dire que passer de 80 à 70 (19,44 m/s), voire à 50 (13,89 m/s), ou même à 30 km/h (8,33 m/s) serait de nature à faire baisser l'énergie cinétique des véhicules de 296 kj à 227 kj, voire à 116 kj, ou même à 42 kj (vitesse divisée par 3 de 90 km/h à 30 km/h, énergie cinétique divisée par environ 9!), valeur à laquelle on peut atteindre l'objectif de la Ligue, c'est à dire "zéro mort" sur les routes. Pour deux raisons cumulatives, d'ailleurs : les faibles voire inexistantes conséquences d'un choc entre un véhicule et un autre usager, mais aussi le fait que beaucoup de gens renonceraient tout simplement à user de leur véhicule sur de longs parcours*, mais aussi sur des parcours plus courts (la moitié des parcours est inférieure à 5 ou 6 km).

C'est là que se lèveraient, à l'instar des employés de Fessenheim qui refusent de voir arrêter leur menaçant et perpétuellement en panne chaudron nucléaire pour cause de défense de l'emploi, les foules de ceux qui vivent pour et par l'automobile qui verraient fermer l'un après l'autre les usines et les bureaux qui sont leur gagne-pain.

L'enfer est pavé de bonnes intentions.

 

Je ne suis pas un défenseur de la vitesse en tant que telle qui est parfaitement neutre en elle-même. C'est sa variation non maîtrisée, la transformation de l'énergie cinétique en chaleur et en travail qui est dangereuse. D'où la nécessité de conduire "avec deux secondes d'avance". C'est un autre sujet.

Mais je crois qu'il est ridicule et inefficace – contre-productif, comme il convient de le dire de nos jours – de se tourner vers des mesures qu'on sait inapplicables, et donc relevant de la chance ou de la malchance dans la répression des fautes. Tout le monde le sait, ce n'est pas la présence de radars sur les routes, aussi nombreux soient-ils, qui fait respecter la vitesse, c'est l'automatisation de la sanction, hors du parasitage de personnages influents (les "élus", mais seulement eux) qui étaient en permanence sollicités pour "faire sauter les PV".

Donc, continuons à réprimer l'excès de vitesse, qui frappe souvent les distraits, mais qui frappe aussi les délinquants de la route qui refusent de se soumettre à la règle commune. Mais interrogeons-nous sur le reste du problème, et en particulier sur la formation des automobilistes.

 

Vaste problème...

Mais constat fort simple.

Je connais bien une jeune fille qui a passé et obtenu son permis de conduire l'an dernier quelques jours après ses 18 ans. Du premier coup le code, du premier coup la conduite. Bravo !

Durant la bonne quarantaine d'heures de leçons qui lui ont été prodiguées, à aucun moment, à aucune occasion, dans aucune circonstance elle n'a été amenée à effectuer un dépassement sur une route ordinaire (les routes à double sens sans séparation physique des deux sens de circulation dont je parlais plus haut), et l'examinateur n'a pas vérifié si elle maîtrisait cette compétence utile sinon indispensable, alors qu'on sait que c'est une manœuvre périlleuse.

A part cela, la formation des jeunes conducteurs est presque irréprochable, quant aux examinateurs (désormais affublés du titre ronflant d'"experts") ils continuent à distribuer, une fois sur deux, des avis favorables à la délivrance du permis de conduire.

Cherchez l'erreur.

 

Et faites de beaux rêves.

 

 

* Amusons-nous du test effectué par un journaliste au volant d'un voiture intégralement électrique il y a quelques semaines. Pour effectuer les 400 km du trajet Paris-Lyon, il n'a pas mis moins de 25 heures pour de multiples raisons, soit une moyenne de 15 km/h environ, bien moins vite que des coureurs cyclistes, sans pour autant s'interdire des pointes de vitesse proches du maximum autorisé sur autoroute.

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